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Annecy Cinéma Italien


Du 29 septembre au 10 octobre



Créé en 1983, le festival « Annecy Cinéma Italien » fête cette année sa 25e édition, occasion de mesurer le travail accompli pour maintenir la présence en France d'une production longtemps en butte à de grandes difficultés.

Aujourd'hui, le cinéma italien a repris des couleurs pour le plaisir de ses admirateurs. Dans un contexte politique pas toujours favorable, il a su réagir et retrouver un niveau qualitatif remarquable aussi bien dans le secteur des oeuvres d'auteurs que dans celui des films grand public. Cette situation lui permet de reconquérir d'importantes parts de marché sur son territoire (25 % en 2006) et de reprendre pied à l'exportation.

Les films de Marco Bellocchio, Gianni Amelio, Nanni Moretti, Marco Tullio Giordana, Mimmo Calopresti, Francesca Comencini, Cristina Comencini, Paolo Sorrentino, Emanuele Crialese, Vincenzo Marra, Roberto Andò, sont les repères actuels d'une créativité en éveil.

La présence au festival de Cannes cette année du vétéran Ermanno Olmi et du protégé de Nanni Moretti, Daniele Luchetti, est le gage d'une continuité assurée. De fait, il ne s'agit plus aujourd'hui de guetter les signes du renouveau mais de mettre en perspective la richesse et la diversité du cinéma italien contemporain.

Le succès en France d'oeuvres comme Romanzo criminale de Michele Placido, Le Caïman de Nanni Moretti, Libero de Kim Rossi Stuart, L'Etoile imaginaire de Gianni Amelio, Nuovomondo d'Emanuele Crialese, A casa nostra de Francesca Comencini — en oubliant l'indifférence injustifiée qui a accompagné la sortie de L'Ami de la famille de Paolo Sorrentino ou la sortie retardée du Metteur en scène de mariages de Marco Bellocchio — démontre la permanence d'un intérêt qu'« Annecy Cinéma Italien » focalise chaque année avec précision.

Présenter à la Cinémathèque québécoise une sélection des films projetés à Annecy en 2005 et 2006, après le succès du programme Nanni Moretti de mars dernier, c'est affirmer la présence d'une cinématographie qui souffre à l'étranger d'un grave déficit d'image. Le choix des titres permet de découvrir des premiers films prometteurs et aussi des confirmations. Contre une idée reçue, il se tourne beaucoup de premiers films en Italie, ces « opere prime » qui assurent le renouvellement permanent d'une cinématographie. Ainsi en va-t-il pour des comédies, reflet de société, comme Et si demain de Giovanni La Pàrola, Qu'est-ce que je fais ici de Francesco Amato, Agent matrimonial de Cristian Bisceglia, L'Été de mon premier baiser de Carlo Virzì. Mais la diversité est également présente avec un « polar », Piano 17, d'Antonio et Marco Manetti, un film à sketches sur le monde du football, 4-4-2, Le Jeu de plus beau du monde, enfin une oeuvre magistrale sur les problèmes de l'immigration, Saimir de Francesco Munzi.

Au rang des cinéastes confirmés, les oeuvres d'Alessandro D'Alatri, Roberto Faenza et Gianluca Maria Tavarelli sont autant de témoignages sur une société que travaillent les drames sociaux et les désarrois existentiels. Enfin le petit hommage rendu à Gianni Amelio (Lamerica, L'Étoile imaginaire) offre l'occasion de découvrir — si ce n'est déjà fait — le cinéaste italien.

  

  Jean A. Gili
  Délégué artistique « Annecy Cinéma Italien »



Ce cycle est présenté grâce à la collaboration de l'Institut culturel italien et du Festival du cinéma italien d'Annecy. Remerciements à Cinecittà Holding et Filmitalia ainsi qu'à MM. Angelo Mazzone, Jean A. Gili, Pierre Todeschini et Giovanni Pillonca.





    © La Cinémathèque québécoise