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Jeannine Gagné, réalisatrice et productrice
Du 22 au 30 novembre
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Jeannine Gagné productrice
Voici des reproductions d'affiches et de photographies des films produits par Jeannine Gagné avec une sélection de coupure de presse sur les films.
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Loin d'ou (1988)
de Michka Saäl
Dès ce premier film, Michka Saäl trace le modèle généreux d'un cinéma qui naît tranquillement au Québec. Loin d'où est un film offert au pays d'adoption, sans complaisance. Les images proviennent d'ici mais on les dirait sans appartenance ; elles livrent une ville secrète que la cinéaste a découverte après avoir observé, jugé. (...) Du cœur de son exil, Michka Saäl a produit une œuvre qui élargit le champ de notre regard parce qu'elle nous a offert le sien, qui se double d'un sens du cinéma dont nous avons grand besoin.
Michel Beauchamp. « L'exil, le cinéma ». 24 Images. No 44 ⁄ 45, automne 1989.
Nulle part, la mer (1990)
de Michka Saäl
Dans ses deux films réalisés jusqu'à maintenant (Loin d'où et Nulle part, la mer), Michka Saäl parle de l'exil. Ce qui frappe chez elle, ce sont les images fortes et poétiques qui émaillent ses textes, images ancestrales qui suggèrent sur un mode tragique la Haine, la Résignation, la Peur, et font remonter l'origine de ces émotions aux sources du passé. Ce faisant, la réalisatrice joint son exil (elle est Tunisienne de naissance et Québécoise d'adoption) à l'Exil en tant que thème intemporel. En ce sens, Nulle part la mer, moyen métrage attachant en dépit de ses faiblesses, annonce une œuvre somme toute passionnante.
Marco de Blois. « Quand les mots ne suffisent plus ». 24 Images. No 55, été 1991.
Rosaire et la Petite-Nation (1996)
de Benoît Pilon
Il y a de ces (trop) rares films qui nous touchent profondément, qui nous font vivre une expérience avec un grand E et qui vont même nous mettre en communion avec l'intensité et la véracité du propos. Loin du mélodrame ou même du documentaire, Rosaire et la Petite-Nation se vit plus qu'il ne se regarde.
Il est difficile d'apposer une épithète significative à Rosaire et la Petite-Nation. Il transpire de ce film une intimité peu commune entre le réalisateur, la caméra, Rosaire, Alméda, Gaston, Raymond, Euclide, Jean-Marc et les autres ; et surtout, le spectateur. Car avouons-le, la marginalité des personnages aurait été le prétexte idéal pour divertir, amuser... La vieille femme de 97 ans vivant seule à l'orée de la forêt, l'éleveur d'autruche, le millionnaire de la 6⁄49, le prêtre visionnaire, le maire du village et le Rosaire en question n'ont rien de quelconque, de ceux que l'on côtoie quotidiennement. Non. Et c'est en fait ici que la quête première ou le désir de faire une œuvre personnelle de la part de Pilon nous met face au style libre de Rosaire et la Petite-Nation, véritable manifestation d'un papillonnage intelligent.
David Boisclair. « Rosaire et la Petite-Nation, Personnages et Paysages ». Séquences. No 195, mars ⁄ avril 1998.
La position de l'escargot (1998)
de Michka Saäl
On porte toujours sur notre dos une partie de notre histoire, comme cet hermaphrodite qui avance doucement mais sûrement. Il nous arrive d'avoir envie de changer de coquille, mais ce n'est pas toujours facile. La position de l'escargot, le premier long métrage de fiction de Michka Saäl, va plus loin que la description de simples retrouvailles entre Myriam, Juive d'Afrique du Nord, entière, passionnée, et son père Dédé, disparu depuis vingt ans, énigmatique et charmeur. Il offre un regard universel sur les douloureuses relations père-fille et s'aventure dans les méandres de notre inconscient fragile et troublé. (...) Elle nous montre le Québec d'aujourd'hui, métissé, moderne, qui porte en lui toutes les histoires du monde si l'on prend le temps de l'écouter. Elle nous invite toujours à nous révolter contre la perte de sens des choses, de la vie, de nous-mêmes.
Myriame El Yamani. « La fille qui transportait sa maison sur son dos ». Cinébulles. Vol.17 No 3, automne 1998.
Home (2002) de Phyllis Katrapani
3 sœurs en 2 temps (2002)
de Benoît Pilon
En m'intéressant au processus de création du spectacle 3 sœurs en 2 temps du Théâtre de l'Opsis, je voulais d'abord me pencher sur la façon dont se construit le personnage au théâtre, à travers la relation comédien-metteur en scène. A partir des premières lectures autour d'une table, en passant par les nombreuses discussions sur le sens de la pièce et les intentions du metteur en scène, et jusqu'aux répétitions en costume et à la première, j'ai finalement fait un voyage fascinant au cœur de la création. (...)
Il s'agissait ici d'une expérience unique de création à partir du texte de Tchékhov. (...) Le défi de l'Opsis était de taille. Deux metteurs en scène se partagent les scènes de la pièce de Tchékhov et partent travailler avec chacun leur groupe d'acteurs. Pendant deux mois ils ignorent volontairement le travail de l'autre (...) puis ils se rencontrent pour mettre leurs scènes bout à bout et commencent à travailler ensemble à la réalisation du spectacle. (...) À travers toute cette aventure, nous avons choisi de nous concentrer sur l'aspect humain de l'expérience : le doute, les angoisses, la passion, le désir d'y arriver, les conflits, la fatigue, l'entraide et, bien sur, l'amour du théâtre et de Tchékhov. Et c'est ce que vous proposent 3 sœurs en 2 temps : une occasion unique de plonger au cœur du tumulte en compagnie de gens passionnés par la vie et par leur métier.
Benoît Pilon, dossier de presse 3 sœurs en 2 temps.
Roger Toupin, épicier variété (2003)
de Benoît Pilon
Comment donc expliquer cet engouement pour un «petit» film sans prétention, et déjà montré à la télévision par-dessus le marché ? Une seule raison me semble convaincante : Pilon filme des émotions, sans distance, avec respect et une attention qui jamais ne s'égare. Comme son personnage éponyme, le film fonctionne à l'émotion. Roger, épicier variété pendant 27 ans, vit une «journée à la fois», comme il aime le dire. Mais chaque journée il la vit intensément dans le service de sa mère Maria, qui fut belle et qui vit désormais dans un monde inatteignable où il fait bon pleurer en écoutant la musique de son fils ; dans le souvenir de son père (...) ; dans l'amitié de ses vieux copains : Monsieur Nadeau, le musicien ami de son père, Nestor, l'orphelin d'Huberdeau qui a la révolte aussi joyeuse que profonde, et Réal, le voisin qui déménage après trente-trois ans de vie sur le plateau parce qu'il ne peut plus stationner sa voiture près de chez lui...
Robert Daudelin. « Le présent hors du temps ». 24 Images. No 116 ⁄ 117, été 2004.
Après le déluge (2003)
Une vue animée de Fernand Bélanger
Ayant comme souffle de vie la mouvance de l'eau, le film témoigne de la fragilité du passage de notre présence sur terre et de la toute puissance agissante de l'eau. Une vue animée de Fernand Bélanger, mise en musique par René Lussier, inspirée des roches peintes par Madame Gisèle Daniel.
Amazone film
Gilles Carle ou l'indomptable imaginaire (2005) de Charles Binamé
Alors que Gilles Carle a déjà parlé de lui en utilisant ses films (Moi, je m'fais mon cinéma), Binamé évoque l'homme et non pas le cinéaste, en se servant de son œuvre comme autant d'instants oniriques, comme si nous étions «dans sa tête» refusant d'emblée les comparaisons visuelles avec l'homme qu'il était avant sa maladie. (...) Entouré de sa compagne, de ses amis poètes et musiciens, Gilles Carle, sous le regard de Charles Binamé, continue inlassablement à faire son cinéma, à demeurer cet esprit indomptable et impertinent.
André Lavoie. « Quand un cinéaste en observe un autre ». Le Devoir. 1er octobre 2005.
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