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PROJECTIONS

Henri Hiro et la culture ma’ohi de la Polynésie française

Du 12 au 20 juin 2009

Henri HiroFigure emblématique dans tout le Pacifique, Henri Hiro (1944-1990) a lutté toute sa vie pour la sauvegarde de  la culture ma’ohi en Polynésie française.  Il en a revalorisé les fondements identitaires, dissipés à la suite de l’arrivée des colonisateurs et des missionnaires ainsi que de  l’implantation du Centre d’expérimentation du Pacifique, où plus de 200 essais nucléaires ont été effectués à partir de 1966. Ce Centre a engendré de profondes transformations sociales avec l’impact de l’arrivée massive d’une main-d’œuvre et d’organisations françaises, ainsi que des dommages environnementaux irréversibles que Hiro a dénoncés avec force.

Revenu en Polynésie française après mai 68, à la suite de ses études à la faculté de théologie de Montpellier, ses revendications l’amènent à quitter l’Église et à s’impliquer intensément au sein de la vie culturelle pour la réhabilitation de sa culture ma’ohi à travers la langue, la poésie, la danse, les chants, l’expression théâtrale et le cinéma. Son engagement total a fait d’Henri Hiro un leader incontestable du renouveau culturel de ce peuple premier comme le révèlent les films présentés.

En témoignent ses collaborations avec Jean L’Hôte et l’équipe de la maison des jeunes de Papeete pour la scénarisation de Le Château (1979), qui aborde les problèmes de la jeunesse tahitienne en perte de repères identitaires, et du Rescapé de Tikeroa (1981), qui met en valeur le mode de vie ma’ohi. Voulant aussi contribuer à faire revivre avec exactitude le Tahiti des temps anciens, il a signé les dialogues de l’histoire d’amour racontée dans le film Hono, le lien (1983) de Dominique Arnaud. En réalisant Marae (1983), il a relevé le défi de reconstituer une cérémonie traditionnelle comme il ne s’en faisait plus depuis longtemps. Dans Les Immémoriaux (1982), de Ludovic Segarra, où pieds nus et vêtu d’un paréo il incarne le rôle principal, Henri Hiro réussit à graver son propos qui, comme un leitmotiv, dans les mémoires continue de résonner : «  Je ne reconnais plus ma terre, ma terre ne me reconnaît plus ».

Début quarantaine, il effectue un véritable retour aux sources en s’installant sur l’île de Huahine, où il adopte la vie traditionnelle ma’ohi à part entière. « C’est pour revaloriser la totalité de la vie polynésienne, proposer ainsi à la population tahitienne un modèle de la vie dans sa totalité et non plus disloquée, morcelée ». Il s’y éteint en 1990, se désolant de tout ce qu’il n’a pu faire pour le futur . Le documentaire Poroi, réalisé en 2000 par Patrick Auzépy, lui rend hommage à travers témoignages et archives de ses œuvres littéraires, théâtrales et cinématographiques.

Henri Hiro disait que : « Lorsque quelque chose est abandonné, c’est qu’il y a eu des
préjugés, qu’une dévalorisation s’est produite. » Cette rétrospective s’inscrit dans cette volonté de revalorisation.

Catherine Drolet
Productrice de films documentaires


.  Pehepehe i taù nunaa, Message poétique de Henri Hiro, Haere Po, 2004, Tahiti, p. 83.

Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun, bloglecriturien.org, 6 mars 2005.

Pehepehe i taù nunaa, Message poétique de Henri Hiro, Haere Po, 2004, Tahiti, p. 83.

 

 

 

 


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