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Fire Horse
Aux sources de l’anime : L’animation japonaise (1924-1952)



Du 27 février au 5 avril
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Sur la planète cinéma, l’engouement pour l’animation du pays du Soleil levant constitue l’un des plus foudroyants phénomènes culturels des 20 dernières années. Alors qu’il fut un temps où les cinéphiles levaient facilement le nez sur la production industrielle du Japon, laquelle paraissait juste bonne à remplir les cases horaires de la télé du samedi matin, il suffit aujourd’hui qu’un nouveau Miyazaki ou qu’un Kon prenne l’affiche pour qu’une nouvelle génération de cinéphiles arrête de respirer ou perde le sommeil. Mais que s’est-il donc passé ?

Les Minifée, Albator et autres Demetan étaient autrefois honnis par les aficionados de l’animation d’auteur ; seuls quelques réalisateurs comme Kihachiro Kawamoto, Yoji Kuri et à l’occasion Osamu Tezuka, père du manga et d’Astro Boy, arrivaient à recevoir l’imprimatur de l’intelligentsia cinéphilique occidentale et à se frayer un chemin jusqu’au festival d’Annecy. Il faut probablement fixer la redécouverte de l’animation japonaise à la fondation des studios Ghibli en 1985 par Hayao Miyazaki (Princesse Mononoké, 1997) et Isao Takahata (Le Tombeau des lucioles, 1988). L’impact de cette production sur la scène internationale a été d’une telle puissance qu’il a enrichi le langage courant d’un néologisme, « anime » (diminution du mot animation), qui désigne un genre spécifique à l’animation japonaise découlant esthétiquement du manga. Rétrospectivement, on constate aujourd’hui que les Minifée et compagnie, en dépit de leur animation rudimentaire et de leur facture bâclée, affichaient une esthétique singulière — des cadrages inusités, un traitement non réaliste des couleurs — qui annonce la déferlante de l’anime. Quant aux meilleurs animes contemporains, ils se démarquent par un sens très fort de l’évocation, du spectacle et du récit, qui mène parfois au chef- d’oeuvre de mise en scène.

La Cinémathèque québécoise est heureuse de présenter au public d’ici, en première mondiale, une rétrospective exclusive mettant en valeur la production japonaise qui a mené à l’anime. Nos collègues du National Film Center de Tokyo ont composé un imposant panorama de 53 films — tous sur support 35 mm — qui nous fait parcourir 30 ans d’histoire, depuis le cinéma muet des années 1920 jusqu’aux années 1950, alors que le studio d’animation du major japonais Toei commence à s’imposer dans la production du pays. Ces films, dont plusieurs sont très rares, permettront de mettre en perspective le phénomène de l’anime qu’on a trop souvent l’habitude d’observer par le petit bout de la lorgnette.

La rétrospective Aux sources de l’anime : L’animation japonaise (1924-1952) s’articule autour de dix programmes thématiques. « L’aube de l’animation japonaise » met en lumière la période du cinéma muet. « Les débuts du parlant : OEuvres choisies I et II » présente quelques oeuvres issues d’une industrie balbutiante et d’un genre en voie de se définir. « Quand l’animation rencontre la propagande » propose un survol des différentes tentatives visant à assujettir l’animation japonaise aux préoccupations de l’État. « L’animation japonaise pendant la guerre I et II » regroupe des oeuvres produites durant ces années sombres. L’essor ayant suivi la Deuxième Guerre mondiale est illustré avec éloquence dans « L’animation japonaise pendant l’Occupation I et II ». Le cinéma d’animation expérimental japonais, dont l’un des plus étonnants représentant est Shigeji Ogino, a droit à une tribune dans « Quand l’animation rencontre le modernisme ». Enfin, un coup de chapeau est donné à un pionnier de ces années pré-anime, Noburo Ofuji.

Marco de Blois Conservateur,
cinéma d’animation

La rétrospective Aux sources de l’anime : L’animation japonaise (1924-1952) est réalisée en collaboration avec le National Film Centre / National Museum of Modern Art de Tokyo et le Japan Foundation de Toronto.

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    © La Cinémathèque québécoise