From December, 13th 2012 to December, 13th 2012
From December, 19th 2012 to December, 19th 2012

Hommage à Roman Kroitor

Roman Kroitor

(1926-2012)

La carrière de Roman Kroitor, et son influence dans l’histoire du cinéma, paraissent tracées dans deux avenues en principe contradictoires, mais explorées avec le même talent et le même esprit visionnaire. Il fut dans un premier temps passionné pour l’immersion du cinéma dans la réalité, participant activement à la naissance du cinéma direct à travers la série Candid Eye, puis dans un deuxième temps pour l’immersion du spectateur dans le spectacle cinématographique, s’illustrant comme co-inventeur du système IMAX sur 70 mm et d’un système d’animation 3D.

Il se joint à l’ONF en 1949, où il occupe d’abord diverses fonctions et réalise un premier film didactique. Dès sa deuxième réalisation, Paul Tomkowicz: Street-railway Switchman (1954), on voit poindre une pensée du cinéma, une conscience sensible des moyens techniques, de leur effet sur l’enregistrement et la perception des images et des sons. Un souci perfectionniste se révèle également dans la facture de ce film pourtant modeste. Portrait d’un immigrant polonais qui déglace les rails de tramway l’hiver à Winnipeg, le film est tourné avec une caméra 35 mm légère. Quelques années avant l’enregistrement sonore synchrone et portatif qui viendra bientôt nourrir le cinéma direct, c’est ici le personnage qui se raconte dans sa propre voix, un procédé alors singulier par rapport aux conventions du narrateur dans les documentaires de l’époque.

Il contribue par la suite à plusieurs des meilleurs films des années 1950-1960,au sein du prolifique Studio B de l’ONF, une équipe de cinéastes anglophones sous la direction de Tom Daly. Kroitor prend part à l’émergence du cinéma direct, qui est au même moment aussi une expérience fondatrice du côté francophone de l’Office. Il fait fréquemment équipe avec le caméraman Wolf Koenig, qui perfectionne l’art de saisir la réalité sur le vif. S’il est un thème récurrent dans leurs films de cette époque, c’est la musique. Ils coréalisent Glenn Gould – On & Off the Record (1959), Festival in Puerto Rico (1961), Lonely Boy(1962) et Stravinsky (1965).

Lonely Boy, un portrait du jeune chanteur Paul Anka et une étude de l’univers de la célébrité, est un film captivant, intense, et l’un des plus influents pour toute la vague du cinéma-vérité. Roman Kroitor agit en plus à titre de producteur pour de nombreux films, notamment pour des films de Colin Low et de Don Owen. Il coréalise aussi avec Colin Low le formidable Universe (1960), un film à la fois scientifique et lyrique sur le cosmos, ainsi que le film en projection multi-écrans Labyrinth, pour Expo 67 à Montréal. Il décide ensuite de poursuivre les recherches dans les technologies de cinéma grand format. Il quitte momentanément l’ONF (y retournant plus tard comme producteur), pour être cofondateur d’une société qui deviendra IMAX Corporation.

Au cours de cette période faste et mouvementéedu milieu des années 1950 au milieu des années 1960 à l’ONF, Roman Kroitor fut au centre de l’éclosion d’une véritable cinématographie canadienne et d’un bouillonnement créatif sans précédent dans l’histoire du cinéma documentaire. Des films remarquables, qui ne prennent pas une ride, sont sortis du fructueux esprit d’expérimentation et de collaboration du Studio B.

Nicolas Renaud, commissaire invité

 

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