07:00 pm Salle de projection principale
December, 08th 2018

Les Voleurs de la nuit

Director: Samuel Fuller [Fr.-GB., 1983, 100 min, 35 mm, VOF] with Véronique Jannot, Bobby Di Cicco, Claude Chabrol

Les voleurs de la nuit

Eh oui, on l’oublie parfois, mais Samuel Fuller a été très actif jusque dans les années 1980. Une décennie qu’il entame avec The Big Red One, bien sûr, mais au cours de laquelle il enchaînera plusieurs autres productions, pour le cinéma ou la télévision. Les voleurs de la nuit (Thieves After Dark), réalisé en 1984, est ainsi son avant-dernier long métrage cinéma, et fera d’ailleurs partie de la compétition de Festival de Berlin cette année-là. Après que l’ancien Hollywood ait disparu avec la fin des années 1960, Fuller s’est parfois tourné vers l’Europe pour continuer sa carrière. Les voleurs de la nuit en est un exemple : tourné en France, adapté d’un roman français d’Olivier Beer (qui a d’ailleurs participé au scénario), avec uniquement des acteurs français, le film est une exception dans le parcours du cinéaste. C’est l’histoire d’un couple de chômeurs qui n’ont que l’un pour l’autre, sont pris à la gorge et privés de la possibilité de rêver. Un jour, se sentant humiliés par les employés de l'Agence nationale pour l'emploi (organisme français équivalent d'Emploi Québec) qui leurs proposent des emplois qui ne leur correspondent pas, ils font basculer leur destin sur un coup de tête, décidant de se venger avant de partir en cavale, un peu à la façon de Bonnie and Clyde. Mal reçu à l’époque, notamment parce qu’il succédait aux deux grandes réussites de fin de carrière de Fuller (The Big Red One et White Dog) le film demeure néanmoins une vraie curiosité. Dans Il était une fois… Samuel Fuller, livre d’entretiens menés Jean Narboni, Noel Simsolo et édité par Les Cahiers du cinéma, le cinéaste défendait d’ailleurs Les voleurs de la nuit, soulignant sa perspective sociale : « Je ressentais très fortement la différence marquée matériellement par un bureau entre celui qui a la sécurité, et celui qui ne l’a pas ». Pour lui, les attentes des critiques, obsédés par le cinéma américain, n’étaient pas les bonnes envers ce petit film tourné outre-Atlantique. « Vivant à Paris, je pensais que ce serait bien de faire un film sur le chômage, c’est tout. On m’a demandé pourquoi je n’avais pas plutôt fait un film de gangster… Dans le livre, ça se passait aux Etats-Unis, parmi les fonctionnaires des Postes… moi j’ai transformé ça en ANPE.  Et pour moi, c’était aussi une histoire d’amour simple. » Autres éléments qui piquent la curiosité : la présence de Stéphane Audran, de Micheline Presle ou encore de Claude Chabrol dans le rôle d’un employé de l’ANPE ; Samuel Fuller lui-même dans le rôle d’un certain Zoltan amoureux de La dame aux camélias de Mauro Bolognini ; et une musique signée par nul autre qu’Ennio Morricone.

Apolline Caron-Ottavi

 

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