Le cinéma québécois s'affiche     

L’histoire des affiches de cinéma

Pratiquement dès les débuts du cinéma, on a créé des affiches pour attirer l’œil du passant et l’inciter à entrer voir la projection. Elle a subi de nombreuses influences et a évolué avec les grands mouvements artistiques du siècle (art déco, fauvisme, surréalisme, cubisme dans les années 1920 et 1930 ; plus tard, le pop art...).

Depuis la Seconde Guerre mondiale, elle est conçue comme un argument publicitaire plutôt qu’une œuvre d’art. Pourtant, les influences artistiques contemporaines l’ont toujours accompagnée : photomontage, dépouillement extrême, mélange de photo et de gouache, retour au noir et blanc…

Au Canada, c’est aussi durant la guerre qu’est née l’affiche de cinéma quand l’Office national du film, sous la direction de John Grierson, demanda à David Mayerovitch (Mayo) d’en réaliser pour ses séries destinées aux salles, « Canada Carries On » et « World in Action ».

L’affiche québécoise de cinéma, elle, est apparue seulement au milieu des années 1940, quand le cinéma québécois a pu se développer. Seules quelques affiches nous restent d’avant cette époque.

Le cinéma québécois a longtemps été considéré comme un cinéma artisanal et ses affiches s’en ressentaient au niveau de la conception, sauf celles réalisées par Vittorio. Le plus souvent, il s’agissait de visages de vedettes en gros plan ou d’une présentation d’une qualité esthétique assez pauvre. Mais, à partir des années 1970, des illustrateurs ont vite pris la relève et varié et enrichi la conception de ces affiches. Il est toutefois rare qu’un affichiste fasse du cinéma son principal champ d’activité. Cependant l’ONF a eu longtemps un service de création qui avait charge de la production des affiches, des ciné-fiches, des affichettes et de pochettes de vidéocassettes.

Aujourd’hui, tous les styles se côtoient, du génial au banal. L’affiche doit ressembler au film, le faire désirer en un dixième de seconde. Certaines affiches se contentent de reproduire une scène clé du film ou une accumulation de scènes. D’autres mettent en valeur le nom des vedettes principales ou du metteur en scène, en se basant sur la notoriété réelle ou supposée de ces artistes. Mais certains affichistes osent créer des œuvres différentes et innovantes. Cette exposition virtuelle démontre cette diversité et cette richesse.