Du Mercredi 01 Mai 2013 au Jeudi 09 Mai 2013

DIY Québec

DIY Québec

Les racines du DIY

La pratique des effets spéciaux a toujours fait appel à l’ingéniosité et à la polyvalence des créateurs. Bien avant la démocratisation des moyens de production liée à l’arrivée des techniques numériques, les techniciens en effets spéciaux, de Georges Méliès à Ray Harryhausen, ont dû faire preuve de débrouillardise et d’ingéniosité dans la création de séquences à effets.

En fait, il serait juste d’affirmer que la pratique des effets spéciaux est indissociable d’une approche artisanale du cinéma. La plupart des artistes doivent à la fois fabriquer et manipuler les outils (marionnettes, caméras, dispositifs, etc.) nécessaires à la réalisation des trucages, et ce, à l’intérieur des contraintes de production.

Même si plusieurs studios avaient mis en place dans les années 20 des départements consacrés aux effets spéciaux, l’industrialisation de la profession s’est faite progressivement dans les années quatre-vingt. Les techniques numériques ont ensuite scellé une nouvelle façon de concevoir le travail des artistes; dorénavant, la création d’un effet spécial n’est plus l’apanage de deux ou trois techniciens, mais bien de plusieurs compagnies employant des centaines de personnes. Auparavant, la création de séquences était majoritairement due au travail de quelques individus oeuvrant, sans le savoir, dans une optique DIY (do it yourself ou «fait à la maison»).

Les effets spéciaux au Québec

La pratique des effets spéciaux au Québec est relativement récente. Puisant ses racines dans le milieu de la télévision et des films pour enfants, elle s’est rapidement étendue à la création d’effets numériques spectaculaires, faisant du Québec une plaque tournante dans l’industrie mondiale de la production cinématographique.

Notre forte tradition documentaire, qui a toujours influencé nos fictions, explique en partie pourquoi les effets spéciaux ont occupé une place marginale dans notre cinématographie. Cela dit, dès les années soixante-dix, le milieu indépendant a préfiguré l’arrivée de la révolution numérique et l’explosion du cinéma de genre au Québec, inséparable des effets spéciaux, en racontant des histoires puisant à même l’histoire du cinéma fantastique. L’une des premières tentatives du genre est Le poulailler des temps perdus (1977)de Stephan Dupuis (maquilleur réputé oscarisé pour son travail sur The Fly (1986) de David Cronenberg) et Franco Battista. Ce court-métrage, où une poule géante animée image par image attaque la ville de Montréal, est un hommage inventif aux films de monstres de Ray Harryhausen.

La programmation

Dans le cadre de l’exposition Secrets et Illusions – la magie des effets spéciaux, la Cinémathèque a voulu célébrer le talent et l’ingéniosité de ces créateurs québécois qui ont fait appel aux trucages et aux effets spéciaux, sans en avoir les moyens au départ, redécouvrant, par le fait même l’art de l’illusion comme au temps des premiers films.

En accord avec la nomenclature de l’exposition, chaque programme est consacré à une famille de techniques d’effets spéciaux : les effets optiques, les effets mécaniques/physiques  et les effets numériques.

Outre Le poulailler des temps perdus, ces trois séances sont une occasion unique de (re) découvrir le caractère ludique de l’effet spécial à travers une sélection disparate de la production indépendante québécoise autant francophone qu’anglophone, s’étalant de 1977 à aujourd’hui, et allant du cinéma fantastique au faux documentaire en passant par l’expérimental et la comédie.

Éric Falardeau

Commissaire invité de l’exposition Secrets et Illusions et co-programmateur

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