Du Jeudi 08 Mars 2012 au Mercredi 14 Mars 2012

Mireille Dansereau, rétrospective

Mireille Dansereau, rétrospective

40 ans de portraits intimistes et intuitifs sur l’identité des femmes.

Le 8 mars, Journée de la femme, nous commençons un parcours en huit séances de l’œuvre de la talentueuse Mireille Dansereau, la première femme au Québec à avoir réalisé un long métrage de fiction de manière indépendante, La Vie rêvée, en 1972. Nous survolons sa carrière, de ses premiers courts métrages londoniens à ses films plus célèbres, comme L’Arrache-coeur (1979) ou Le Sourd dans la ville (1987).

D’une grande intégrité et jetant un regard critique sur la place des femmes dans la société, Mireille Dansereau filme et traverse les époques en faisant le parallèle entre ses questionnements et ceux d’une société en constante mouvance. Elle donne une vision intériorisée, personnelle de ce qu’elle observe. Elle a réalisé plus d’une vingtaine de courts, moyens et longs métrages documentaires et de fiction. 

Dès son premier film, elle nous offre une vision profonde et sincère du monde qui l’entoure. À l’époque où le cinéma québécois cherche encore son identité, Mireille Dansereau va faire sa marque en profondeur, sans craindre de déranger. Elle signe un cinéma engagé, qui utilise, par ailleurs, la question controversée de la condition féminine.

Pour ce faire, rien ne lui échappe : ni l’adolescence, ni l’âge adulte, ni la place des femmes dans le mariage et au sein du couple. Elle explore aussi la question du rapport au corps, à la maladie, à la mort et au suicide. Elle analyse et scrute le réel en adoptant une vision personnelle et complice. Elle cherche à l’infini à comprendre ce que signifie être une femme.

Il serait très facile de qualifier d’emblée son œuvre de féministe. Cela apparaît indéniable mais insuffisant, car sa démarche va bien au-delà.

Cinéaste à l’affût, elle sonde aussi l’inconscient féminin. Dans plusieurs de ses films, elle s’astreint longuement à décrire leurs états d’âme, tout comme leurs attitudes et leurs mystères. Ce qui se passe derrière le visible, derrière l’apparence des êtres la fascine. Elle présente une vision personnelle qui suscite la réflexion sur la notion de naître femme et de grandir dans le monde contemporain. Ces observations faites,  elle nous emmène vers une vision plus universelle en lien direct avec les questions existentielles.

À travers ces personnages, qu’elle choisit avec le plus grand soin, Mireille Dansereau installe une complicité, que ce soit dans la confrontation, la communication, le silence et la douceur. Ses personnages et elles sont interdépendants. Mireille Dansereau fait toujours preuve d’une  grande empathie, elle aime les multiples facettes de l'humain, surtout les personnages empreints de doutes et d'angoisses. Dans ce sens, sa démarche est généreuse même si au départ elle se veut personnelle, puisqu'elle  cherche à mieux vivre avec elle-même pour être mieux avec les autres. Elle dira d'ailleurs de son œuvre, qu'elle permet au public d'élargir la vision qu'il se fait des femmes, ce qui selon elle, permet ultimement aux hommes de mieux les comprendre.

Le féminisme est très vite devenu une évidence pour elle. Il n’en reste pas moins que jusqu’à aujourd’hui encore, choisir principalement des femmes comme personnages, se questionner sur leur identité et leur rôle dans la société reste une démarche difficile. Dans ce contexte, trouver du financement est un acte politique en soi. Elle sera donc souvent productrice, réalisatrice et scénariste de ses propres films. Auteure intègre par excellence, elle ne peut s’empêcher de dire ce qu’elle voit, ce qu’elle entend, ce qu’elle vit personnellement en tant qu’être. Pour elle, dire la vérité est une question vitale.

Sa quête, en plus d’être identitaire, est aussi une quête de l’esthétique. Ses films sont des espaces mouvants : par le biais de sa propre voix (en voix off) ou celles des autres, la réalisatrice produit des films d’une fluidité surprenante. Les voix, telles des présences sourdes et intimes font l’effet d’un écho, celui d’un presque silence, qui d’inaudible s’amplifie jusqu’à offrir une polyphonie de mille voix.

Aussi, l’acte de créer est présent dans chacun de ses films. Ses personnages sont souvent des artistes. La création y est décrite comme un véhicule de dépassement, d’évolution de soi. Ultime possibilité de combattre l’idée de la mort et de l’angoisse du vide. Le désespoir, force tranquille sous-jacente, est ainsi vaincu, dépassé par l’art. Entre fiction, documentaire et réalité, Mireille Dansereau nous emmène de son monde au monde tout entier.

Caroline Pierret

Cette rétrospective est présentée en collaboration avec les Réalisatrices Équitables et Cinéplurielles.

http://realisatrices-equitables.com/
http://cineplurielles.com/

L’année 2012 marque le quarantième anniversaire du premier long métrage de fiction signé par une femme au Québec : «La vie rêvée», de Mireille Dansereau. Pour cela, les Réalisatrices Équitables ont prévu d’organiser une série d’événements spéciaux, sous le thème «40 ans de vues rêvées par des femmes». Ce joli titre est un clin d’œil au tout premier film réalisé par une cinéaste d’ici.

CONSULTEZ ÉGALEMENT LES CAPSULES VIDÉO DE MIREILLE DANSEREAU RÉALISÉES PAR LES RÉALISATRICES ÉQUITABLES

 

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