Du Mercredi 02 Mai 2012 au Dimanche 06 Mai 2012

Peter Mettler, rétrospective

PETER METTLER, LE PASSEUR

Artiste multidisciplinaire d’origine suisse, Peter Mettler est issu de la Nouvelle Vague torontoise associée au cinéma indépendant des années 1980. Aux côtés des Atom Egoyan, Patricia Rozema et Bruce McDonald dont il est alors le directeur photo, l’homme se fait remarquer en 1982 par un premier long métrage audacieux, Scissere, qui témoigne d’un intérêt marqué pour le cinéma expérimental. Dès lors, Mettler n’aura de cesse de construire une oeuvre hybride empruntant à plusieurs genres et formats pour lever le voile du réel et repousser les limites de notre perception.

En phase avec l’évolution des technologies, cette hybridité fait de Peter Mettler un passeur entre les savoirs, les pratiques artistiques et la pluralité des cultures. Nul ne s’étonnera donc que cet ancrage dans le postmodernisme l’ait amené à adapter au cinéma Robert Lepage (Tectonic Plates, 1991), un autre artiste qui se plaît à abolir les frontières entre la vie et la mort, les arts et les époques, le masculin et le féminin.

Tournée en 1989, The Top of His Head est une première fiction qui brise les conventions narratives et installe un univers singulier où cristallisent déjà les thèmes de son auteur: les déclinaisons du temps et l’impermanence des choses, la résilience de la nature et le danger d’asservissement lié aux nouvelles technologies, le rapprochement entre les mondes de l’intellect et de l’intuition, la recherche de connaissance et de transcendance. Mettler est en fait une sorte de chaman en quête de ce qu’il a joliment nommé « The Pursuit of Wonder ». Une formule ouverte, voulant que cette quête de sens et d’émerveillement génère des instants de révélation mis en lumière par le cinéma.

À la faveur de plusieurs documentaires qui prennent la forme de journaux intimes ou de films essai (Eastern Avenue, 1985), le cinéaste nous invite au voyage sur le chemin de l’expansion de conscience. Dans le méditatif Picture of Light (1994), il s’interroge sur les potentialités de son art en se faisant chasseur d’images et d’aurores boréales. Dans Balifilm (1997), la transe liée à la danse et à la musique donne lieu à une représentation qui s’affranchit du naturalisme. Mais c’est avec le travelogue Gambling, Gods and LSD (2000), son oeuvre la plus ambitieuse, que Mettler allie ses principales préoccupations (scientifiques, philosophiques, spirituelles, mystiques) pour livrer à coups de récits associatifs et de stratégies poétiques une « géo-musique » du monde des plus hypnotiques. Et si le cinéaste s’aventure sur un terrain plus politique dans Petropolis (2009) en dénonçant le désastre industriel des sables bitumineux albertains, c’est pour mieux prendre de la hauteur et élargir notre rapport au monde.

La rétrospective se doublera d’une exposition photo intitulée Notations qui regroupe plusieurs clichés tirés du dernier film du réalisateur. Encore inédit, The End of Time reprend le mode du travelogue pour dire les multiples expériences du temps et renouer avec l’enfance. En complément, Peter Mettler offrira une leçon de cinéma et une vidéo performance en direct avec le musicien Fred Frith qui a collaboré à plusieurs de ses films. Une occasion unique de voir le passeur se transformer en D.J. pour faire voyager ses images au gré de paysages sonores en constante reconfiguration.

Gérard Grugeau

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