Du Lundi 06 Mars 2017 au Jeudi 23 Mars 2017

Rétrospective Claude Miller

Ce diplômé de l’IDHEC, défunte école de cinéma française, est arrivé assez tard à la réalisation. Il est d’abord passé par ce que l’on appelle une initiation d’apprenti. Il a en effet œuvré pendant de nombreuses années pour d’autres cinéastes, au cours desquelles il a pu faire sa formation. Comme assistant réalisateur ou directeur de production, il s’est illustré auprès de François Truffaut – ami dont il adaptera un scénario inédit La petite voleuse (1988), Robert Bresson, Jean Herman, Michel Deville, Jacques Demy, Gérard Pirès, Pierre Tchernia et Jean-Luc Godard. Juliette Berto, comédienne « godardienne », revient d’ailleurs au générique de ses trois premiers courts métrages Juliet dans Paris(1967), La Question ordinaire(1969) et Camille ou la comédie (1971).

Son premier long métrage est favorablement reçu. La meilleure façon de marcher reçoit six nominations lors des Césars en1977. Il met en vedette Patrick Dewaere et Patrick Bouchitey. Ce film au scénario  audacieux porte sur une relation de séduction non sexuelle entre deux hommes dans le cadre d’un camp de vacances. Il nous annonce un peu les couleurs de Miller tel qu’il se révélera comme réalisateur dans ses films ultérieurs.

S’il se situe dans un premier temps en aval du courant narratif et stylistique de ses ainés de la nouvelle vague, il évoluera lentement vers un style relevant d’une sorte de « Nouvelle qualité française », c’est plutôt du côté scénaristique que l’on pourra retrouver la pensée finalement assez « contestataire », battant en brèche la bonne société et les us et coutumes qui l’accompagnent. Ses personnages sont la plupart du temps des inadaptés qui se confrontent au nivellement de la normalité. Cette posture « contre culturelle » en quelque sorte est certes contrebalancée par un classicisme formel croissant tout au cours de son œuvre.

Un autre filon à explorer et dans lequel Miller s’est plu à briller est celui des adaptations. Patricia Highsmith – Dites-lui que je l’aime (1977) ; John Wainwright – Garde à vue (1981) ; Marc Behm – Mortelle randonnée (1983) ; Nina Berberova – L’accompagnatrice (1992) ; Emmanuel Carrère – La classe de neige (1998) ; Siri Hustvedt – La chambre des magiciennes (2000) ; Ruth Rendell – Betty Fischer et autres histoires (2001) ; Anton Tchekhov – La petite Lilli (2003) ; Philippe Grimbert – Un secret (2007) ; Roy Parvin – Voyez comme ils dansent (2011) ; François Mauriac – Thérèse Desqueyroux (2012) ; sont autant d’écrivains dont il s’est inspiré.

Mais il s’agissait souvent d’aller un peu plus loin que de simples adaptations. Il relevait dans un récit ce qui lui apportait une forme d’éclairage sur sa propre existence. C’est sans doute ce qui explique la réussite de la majorité de ses films. Par exemple, dans Le Secret qui, selon l’aveu même de son épouse Annie Miller lorsqu’elle fut interviewée par Odile Tremblay dans les pages du Devoir en 2012:

« […] évoquait beaucoup de sa propre enfance d’enfant juif né sous l’occupation. C’était une adaptation, mais c’était lui. Il profitait du bouquin pour couler l’information ».

C’est peut-être dans ses propres histoires qu’il faudra alors trouver le mécanisme de la mise en scène de soi qu’il semble avoir pratiqué de façon plus ou moins consciente. Travaillant avec des collaborateurs au scénario qui reviennent souvent au générique de ses films comme Luc Béraud, Annie Miller et Nathalie Carter.

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Fabrice Montal, programmateur

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