Du Jeudi 07 Juillet 2016 au Mercredi 31 Août 2016

Une histoire de l'érotisme

En tant qu’art du regard, le cinéma suscite dès ses origines la cristallisation du désir: devant l’objectif, des corps se meuvent et s’émeuvent, se frôlent, se touchent, des hommes et des femmes posent les yeux les uns sur les autres… Voyeur, le spectateur anticipe les gestes, s’excite dans l’attente d’un voile qui tombe, d’une porte qui s’ouvre, ou encore à l’approche d’un trou de serrure… Au cœur du jeu, le metteur en scène fait durer l’attente, s’amuse à garder le spectateur à distance ou le corps désiré dans l’ombre… Combien de cinéastes ont construit des œuvres marquantes autour de la pulsion scopique, d’Hitchcock à de Palma, en passant par Michael Powell ?

Protégé par la noirceur de la salle, le spectateur peut entrer sans risque dans l’intimité des silhouettes lumineuses qui vibrent sur l’écran… Nombreux sont ceux qui ont pu, par la médiation du cinéma, faire l’expérience de la sexualité. Qui ne s’est ému au moins une fois devant la scène d’un baiser illicite échangé langoureusement par deux amants ? Devant les ébats faussement innocents d’une jeune fille au bain ? Ou encore devant l’étranger au torse nu et luisant, faisant irruption dans la cour d’une maison de ferme ?

Entre les exploits des jeunes Don Juan et ceux de Casanova adolescent à Venise, l’histoire du cinéma est peuplée de garçons curieux initiés par des soubrettes dévouées, des prostituées généreuses ou des tantes soucieuses de leur prodiguer une éducation sentimentale convenable. Les jeunes filles ne sont pas en reste, qui souvent explorent les plaisirs saphiques comme s’il s’agissait d’un passage obligé vers la rencontre, remplie à la fois de promesses et de frayeurs, du corps masculin.

L’été s’annonce chaud à la Cinémathèque québécoise où pas moins de 105 séances, trois conférences et une exposition vous convient à une histoire de l’érotisme. Des vues polissonnes tournées en France et en Autriche entre 1902 et 1910 au tout récent Love 3D de Gaspar Noé (2015), en voici pour tous les goûts !

Récits d’initiation, bien sûr, qu’il s’agisse de Bilitis (1977) ou de Tendres cousines (1980) de David Hamilton, de Vous intéressez-vous à la chose ? (1974) de Jacques Baratier ou d’Eugénie (1970) de Jess Franco… L’érotisme va de pair avec la curiosité, l’exploration, la découverte et leurs compléments, l’audace et le risque. C’est la Belle de jour (1967) de Buñuel qui s’encanaille dans une maison close, la jeune héroïne de Sleeping Beauty (2011) de Julia Leigh qui se soumet à un étrange rituel de possession, ou encore le comptable de Noir et blanc (1986) de Claire Devers qui s’aventure dans un monde de souffrance aussi exquise que dangereuse. Ainsi, la révélation du plaisir dans l’expérience sado-masochiste est au cœur de nombreux films: L’immortelle (1963) et Le jeu avec le feu (1974) d’Alain Robbe-Grillet, Histoire d’O (1975) de Just Jaeckin…

«Tous les goûts sont dans ma nature…» disait suavement le maire de Montréal dans Réjeanne Padovani. Faisant nôtre cette affirmation, le cycle que nous vous offrons fait une large place au désir homoérotique, qu’il soit masculin (Taxi Zum Klo de Frank Ripploh, 1981; Querelle de Rainer Werner Fassbinder, 1982 ; Hustler White de Rick Castro et Bruce LaBruce, 1995; etc.) ou féminin (Je, tu, il, elle de Chantal Akerman, 1974; La vie d’Adèle: chapitre 1 et 2 d’Abdellatif Kechiche, 2013; When the Night is Falling de Patricia Rozema, 1995; etc.).

L’été 2016 à la Cinémathèque québécoise, c’est la saison du plaisir!

Marcel Jean, Directeur général

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