Annecy Cinéma italien 2009
Du 20 avril au 7 mai 2010
Pour la quatrième année consécutive, la Cinémathèque québécoise – avec l’aide de l’Institut Culturel Italien de Montréal – programme une sélection des films présentés par le festival du cinéma italien d’Annecy.
Pour tenir compte de la richesse de la production italienne et pour mettre en relief la qualité de la relève, la compétition du festival d’Annecy est limitée aux premiers et seconds films. À l’instar de la France, l’Italie produit chaque année, une quarantaine de premiers films ; si on y ajoute les œuvres qui sont les deuxièmes de leur auteur, on arrive à un total d’environ la moitié de la production totale. Cette hypertrophie s’explique sans doute par le fait que beaucoup de ces films trouvent plus facilement un financement, car leur coût moyen est inférieur à ceux réalisés par les auteurs confirmés ou les stars du box-office. Mais ce n’est pas la seule raison : beaucoup de jeunes parviennent, grâce à leur opiniâtreté, à satisfaire leur désir d’expression et tournent des œuvres ambitieuses même avec des moyens limités. Par ailleurs, bien que réduites ces dernières années, les aides de l’État – directes ou indirectes – soutiennent justement des entreprises appelées à révéler de nouveaux talents. Ainsi, preuve de renouvellement constant, parmi les neuf films qui ont composé la compétition 2009 à Annecy, sept étaient des premiers films.
Le programme – délibérément éclectique – rendait compte d’abord des identités régionales propres à l’Italie, à commencer par les paysages : le Trieste chaleureux de Diverso da chi ? d’Umberto Carteni, la lagune vénitienne de Velma de Piero Tomaselli, la Rome périphérique de La Pivellina de Tizza Covi et Rainer Frimmel, et aussi la campagne des résidences secondaires – ici les paysages autour d’Orvietto – de La bella gente d’Ivano De Matteo La sélection rendait compte aussi de genres divers : de la comédie de mœurs aux drames de société. Les films pointaient l’évolution des comportements sociaux et des moeurs, le questionnement identitaire sur la sexualité.
Par ailleurs, le panorama offert par la compétition ne saurait être complet dans sa représentation de l’Italie qu’en intégrant les films réalisés par des auteurs plus murs, tous ces films qui balisent un pays – dans son passé et dans sa contemporanéité – et en rendent compte, avec les phénomènes récurrents de la criminalité organisée (Fortapasc de Marco Risi pour Naples, Galantuomini d’Edoardo Winspeare pour les Pouilles) et aussi avec la description de la difficulté de vivre dans un pays qui se cherche. Car le cinéma italien, c’est aussi un cinéma romanesque capable d’imaginer des histoires à la très forte charge émotive, comme on pourra le découvrir avec La fisica dell’acqua de Felice Farina – enquête indirecte sur un meurtre déguisé en accident –, Giulia non esce la sera de Giuseppe Piccioni – la rencontre imprévue entre un écrivain et une jeune femme en liberté conditionnelle – ou Tutta colpa di Giuda de Davide Ferrario – explosion de vie dans une prison de Turin où les authentiques détenus deviennent les interprètes d’une comédie musicale.
Si le cinéma italien est aujourd’hui particulièrement vivace, il le doit aussi à la personnalité de ses acteurs. Ainsi, en se bornant aux films présentés à la Cinémathèque, on peut citer d’abord Valerio Mastandrea, mais aussi Filippo Nigro, Luca Argentero, Antonio Catania, Claudio Amendola, Fabrizio Gifuni, et, du côté des comédiennes, Valeria Golino, Kasia Smutniak – rayonnante chorégraphe de Tutta colpa di Giuda –, Claudia Gerini, Monica Guerritore, Donatella Finocchiaro ; sans oublier le couple saisissant de Vincere de Marco Bellocchio, Giovanna Mezzogiorno et Filippo Timi.
Une occasion à ne pas manquer tant les films italiens se font rares dans les salles commerciales.
Jean A. Gili
Délégué général du festival Annecy Cinéma italien
En collaboration avec


