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CHINE CINÉMA

Films d’animation chinois récents
Le cinéma d’auteur à l’école

Le 4 septembre

Devant la nécessité d’alimenter ses nombreuses chaînes de télévision, la Chine est récemment devenue, sur le plan quantitatif, l’un des plus importants producteurs d’animation au monde. Désireux de limiter le plus possible l’importation de productions japonaises ou coréennes, les officiels chinois encouragent en effet l’augmentation de la production locale en fixant des objectifs de production élevés et en encourageant la création de grandes écoles, équipées à la fine pointe de la technologie, qui forment, chaque année, des milliers d’animateurs.

En parallèle à ce développement rapide, toutefois, la production de films d’animation d’auteur reste marginale. Ainsi, la présence chinoise dans les grands festivals internationaux (Annecy, Zagreb, Ottawa, Hiroshima, etc.) demeure faible, voire, parfois, purement diplomatique. À Annecy cette année, par exemple, un seul film chinois figurait dans la compétition de courts métrages et il s’agissait... d’une publicité. C’est dire à quel point l’organisation du festival tenait à présenter un film chinois...

Cette situation s’explique par l’absence de structures permettant de soutenir le cinéma d’animation d’auteur en Chine. En effet, l’économie de marché étant la donnée fondamentale régissant l’ensemble de la production, il n’y a pas vraiment de place pour un cinéma de recherche dont l’existence n’est aucunement tributaire d’une demande. S’il n’y a pas de demande, il n’y aura pas d’offre.

Seules exceptions à cette règle, les écoles. En effet, dans ce contexte économique, les écoles demeurent le seul endroit où la production n’est pas totalement régie par des impératifs de rentabilité financière. Pas toutes les écoles, certaines formant essentiellement des techniciens destinés à grossir les rangs de l’industrie, mais quelques lieux privilégiés où la création occupe une vraie place : Académie du film de Beijing, Académie des Beaux-arts de Chine à Hangzhou, Institut des arts de Nanjing, etc.

Le programme de films d’animation récents que j’ai concocté reflète cette réalité. La plupart des films ont été réalisés par des étudiants, d’autres par des professeurs. Pan Tian Shou, par exemple, est l’oeuvre de Joe Chang, un ressortissant canadien qui a longtemps vécu à Vancouver et qui dirige aujourd’hui la section de cinéma d’animation à l’académie de Hangzhou. Inspiré de la vie d’un peintre célèbre, Pan Tian Shou est représentatif d’un fort courant de films inspirés de la peinture traditionnelle chinoise. Deux autres films du programme — Season and Butterfly et White Snake — appartiennent aussi à ce prolifique courant. J’ai cependant tenu à limiter les oeuvres de ce genre pour ménager une bonne place aux films atypiques qui offrent un meilleur aperçu de l’étendue des possibilités dans les écoles chinoises aujourd’hui. Ainsi Save, d’Anli Liu, et Tree, de Jie Lin, dont les propos écologiques ne manqueront pas d’étonner. Réalisé en 2002, Daily Diary, de Han Bo, présente une évidente parenté avec Flux, de Chris Hinton, réalisé à l’ONF aussi en 2002. Réalisé en 2007, The Emerald Jar, de Xi Chen, évoque quant à lui le style du Russe Igor Kovalyov. Enfin, les amateurs du Festival Fantasia découvriront avec bonheur She is Automatic, ingénieuse parodie de Star Wars en marionnettes sur une musique d’un groupe rock local, New Pants.

Marcel Jean
Programmateur invité, auteur et spécialiste du cinéma d’animation


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