Du Samedi 01 Janvier 2011 au Mardi 01 Janvier 2013

Cinéma de genre

Rendez-vous les samedis avec le cinéma de genre.

La Cinémathèque propose un nouveau rendez-vous hebdomadaire aux amoureux de cinéma de genre avec la création d’une case horaire permanente, le samedi à 19 h. Des chefs-d’œuvre aux pires séries Z, horreur, science-fiction, westerns, thrillers, péplums et autres seront à l’honneur.

Pourquoi la création d’une telle séance ? Disons d’abord qu’il y avait l’enthousiasme de certains amateurs entêtés de l’équipe de la Cinémathèque… Ce sera aussi l’occasion d’explorer les recoins obscurs des réserves de la Cinémathèque et de montrer de petits trésors qui ne s’inscrivent pas dans les cycles réguliers. Et des trouvailles il y en a : des films de cannibales italiens des années 1960, d’obscurs slashers américains, des adaptations de Sherlock Holmes des années 1930, des dizaines de films de gangster français, des chefs d’œuvre de la science-fiction des années 1950, quelques curiosités du western spaghetti. Surtout, ce sera l’occasion de redécouvrir le cinéma de genre sur grand écran. En effet, pour toute une génération, cette production n’existe qu’en programme de fin de soirée à la télé, en mauvaise copie VHS, et maintenant en sortie « DVD-remasterisé-director’s cut-Xe anniversaire-version définitive ». L’idée même que Plan 9 from Outer Space ait été tourné pour être vu en 35 mm, ou les Fulci en CinemaScope, est une abstraction, davantage, peut-être, que pour d’autres films à cause de certains jugements moraux et artistiques portés sur ce genre de production et de la prévalence depuis les années 1980 du « direct en vidéo »…

Ainsi, bien qu’une part importante du cinéma de genre – d’Hitchcock à Ford – appartient en plein à l’histoire du cinéma et à la cinéphilie classiques, certaines de ses formes, comme le cinéma d’exploitation ou certains sous-genres du cinéma d’horreur, ont longtemps été méprisées. Elles trouvent toutefois, de plus en plus, leur place dans les cinémathèques et la recherche universitaire. La Cinémathèque française propose depuis une dizaine d’années des programmes de « Cinéma bis », consacré aux séries B et Z, et a récemment organisé une rétrospective des films de Jesus Franco. Dans les réseaux professionnels de programmateurs de salles et de festivals, les films de genre, d’horreur notamment, sont très recherchés. Effet de mode peut-être, de génération sans doute, cette tendance correspond surtout à une volonté de montrer autre chose dans un monde où tout est de plus en plus facilement accessible.

Si cette cinéphilie alternative frise encore, pour certains, le relativisme culturel, voire le sacrilège, elle a pourtant beaucoup à nous apprendre. En effet, le cinéma de genre éclaire la place du cinéma dans la culture populaire, ses échanges avec la littérature, les dialogues entre les films (de remakes en franchises), en plus d’être particulièrement révélateur des angoisses et des obsessions d’une époque et de ses limites éthiques et morales. À quoi on pourrait ajouter l’étude, fascinante, des interactions entre les amateurs, autour de certaines revues et, aujourd’hui, de certains forums et balados. C’est un monde en soi qui constitue pour certains une culture, voire une identité.

Et ne boudons pas notre plaisir : quoi de mieux que de voir Vincent Price faire du Vincent Price ou de découvrir que les zombies peuvent courir ? Le bon cinéma de genre sait jouer de nuances subtiles entre combler les attentes des amateurs et se réinventer, tourner et détourner les règles et créer de nouvelles mythologies. En plus de déployer souvent au passage des trésors d’audace, de créativité et d’imagination.

Karine Boulanger
Adjointe à la programmation

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