19h00 Salle Fernand-Seguin
Le Vendredi 03 Avril 2015
Before the Beginning

Before the Beginning

Réalisation : Stephen Dwoskin, Boris Lehman [Belg., 2013, 73 min, Num., VOF]

Deux cinéastes indépendants pratiquant volontiers l'auto-fiction, se mettent à se filmer pour mieux se parler. Malgré leur différence de langue et de style, le film est avant tout une tentative d'imiter, voire de devenir, l'autre, ce qui se heurte à une impossibilité. Mais le film est justement l'histoire de cette collision. Les saynettes filmées sans scénario préalable, se succèdent comme dans un jeu de piste.

« Le récit à la première personne, au cinéma, ne va pas de soi. L’implication personnelle dans une œuvre, dans un film, n’est pas une chose évidente. Dans le cinéma commercial, on se contente de fabriquer des produits, avec beaucoup d’argent, des moyens techniques considérables, des acteurs, sans que sa propre vie privée ne soit questionnée ni mise en danger. Dans ces conditions, aucune intimité ne peut être captée. Seul le spectacle prime (voir par exemple La vie d’Adèle).

Cependant certains cinéastes ont essayé de se dévoiler au travers de fictions inspirées de faits et gestes vécus (Ingmar Bergman, Federico Fellini, François Truffaut). D’autres – pas si nombreux que ça – ont tenté d’être à la fois devant et derrière la caméra, mais le plus souvent, leurs films étaient scénarisés et ils y jouaient un rôle, un personnage qui n’était pas eux : Charlot pour Chaplin, Hulot pour Tati, Macbeth, Othello ou Citizen Kane pour Orson Welles… et même Michele pour Nanni Moretti.

Avec ceux qui pratiquent le journal filmé (Jonas Mekas, David Perlov, Alain Cavalier, Naomi Kawase) il en va tout autrement. La distance entre l’auteur et la personne filmée se réduit. Toutes les personnes filmées jouent eux-mêmes. Ils sont à l’écran ce qu’ils sont dans la vie, sans masque, sans travestissement. Si bien que parfois cela peut ressembler à des films documentaires, sans point de vue ni mise en scène. Dans le cinéma indépendant, marginal ou expérimental, on dénombre aujourd’hui un grand nombre de journaux filmés. Le journal est lié à une technique simple et solitaire, à des moyens pauvres, il demande un travail qui s’échelonne sur une longue période, avec une pratique de tous les jours, et aussi une espèce de désintéressement pour les questions d’argent, de production, de diffusion. C’est proche du cinéma d’amateur. » (B. Lehman, 2014)

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