19h00 Salle de projection principale
Le Samedi 15 Février 2020
Escape from New York

Escape from New York

Réalisation : John Carpenter [É.-U., 1981, 99 min, 35 mm, VOA] avec Lee Van Cleef, Kurt Russell, Ernest Borgnine

1997, un futur proche (vu de 1981). Gangrénée par la délinquance et la violence extrême, la péninsule de Manhattan a été évacuée de sa population civile et transformée en prison géante, à la sécurité maximale. Les ponts sont bloqués, et les criminels de toutes espèces sont livrés à eux-mêmes dans ce qui est bel et bien devenu une jungle urbaine (disons qu’on est loin du New York d’aujourd’hui où Disney investit dans l’immobilier). Personne ne se risque à aller voir ce qui s’y passe… jusqu’au jour où Air Force 1 s’y écrase, laissant le président des États-Unis à la merci des condamnés. Mais qui donc envoyer à sa rescousse ? Pour infiltrer Manhattan, les forces de l’ordre dépassées et impuissantes doivent se résoudre à faire appel au prisonnier le plus imperturbable et le plus retors qui soit : Snake Plissken. À son poignet, une montre lance le compte à rebours de sa mission — 22 heures, pas une seconde de plus, sinon… il explose.

Attention, film culte. Que vous l’ayez déjà vu ou non, voilà un plaisir incontournable, signé par John Carpenter, maître vénéré du cinéma de genre. Kurt Russell en Snake Plissken fait partie de ces personnages qui sont devenus instantanément des icônes à contre-courant. Il n’est pas seul à occuper l’écran dans cette aventure jouissive. Harry Dean Stanton, Lee Van Cleef, Ernst Borgnine, Donald Pleasence : autant de visages familiers de la culture pop qui viennent ici peupler un monde aussi délirant que terrifiant, en compagnie du fameux musicien et acteur de la blaxploitation Isaac Hayes ou encore d’Adrienne Barbeau (la femme de Carpenter à l’époque, qui fut l’héroïne de The Fog mais aussi la voix de l’ordinateur, unique présence féminine de The Thing !).

Au cours de son périple en enfer, Snake rencontre des créatures sadiques mais aussi des visages sympathiques : ceux avec lesquels il va mener une équipée aussi bancale qu’épique. Avec cette galerie de gueules et de caractères, Carpenter donne un exemple flamboyant de film de « groupe » (là où une bande aussi hétéroclite que soudée, aussi émouvante qu’improbable, entraîne littéralement le spectateur et le film avec elle). En cela, il fait la jonction, en 1981, entre le cinéma classique (Howard Hawks est son idole, et son premier film, Assault, était d’ailleurs un hommage à Rio Bravo), et le meilleur du cinéma des années 1980 auquel il ouvre la voie. Le tout est porté par une inoubliable bande-son, culte elle aussi, et déchainée par les fameux synthétiseurs qui sont la marque de fabrique de Carpenter compositeur. Mais surtout, ce qui fait d’Escape from New York un film que l’on peut revoir encore et encore aujourd’hui, c’est qu’il s’agit là d’un conte urbain superbe, dont l’anarchisme et l’antimilitarisme (la fin du film fait polémique à l’époque) n’ont rien perdu en puissance.

Apolline Caron-Ottavi

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