Au lendemain de l'odyssée
Le riche parcours d’Helen Doyle vient tout juste d’être couronné par le prix Albert-Tessier, la plus haute distinction réservée aux cinéastes au Québec. Cette reconnaissance nous offre l’occasion de replonger dans l’œuvre de celle qui a notamment cofondé le groupe Vidéo Femmes en 1973. Le présent cycle débute avec des films réalisés lors de cette période déterminante pour la création féministe au Québec, pour explorer ensuite la façon dont l’œuvre de Doyle a continué de se déployer au fil du temps. Son sens de l’engagement et son goût de la recherche formelle n’ont cessé de nourrir une pratique documentaire soutenue et cohérente, qui a aussi engendré la maison de production Tatouages de la mémoire.
La séance sera suivie d'une discussion avec Helen Doyle
Au terme d’un périple dantesque, des femmes venues du Nigéria arrivent seules et de plus en plus jeunes en Italie en quête d’une vie meilleure. De la traite humaine à l’esclavage sexuel qui les attend, ce film choral propose des récits poignants mais dont la pudeur nous épargne l’insoutenable. Ces histoires d’accueillance amènent une réflexion plus large sur la migration et l’altérité, cette véritable rencontre avec l’Autre.

Helen Doyle
Helen Doyle est une scénariste et réalisatrice québécoise. La majorité de ses films sont des documentaires et plusieurs d'entre eux sont consacrés à la condition féminine. Elle utilise parfois les moyens du cinéma expérimental, de la fiction et du docufiction. En 1973, Helen Doyle s'allie à Nicole Giguère et Hélène Roy pour jeter les bases du collectif La femme et le film, qui se consacre à la diffusion et à la production de vidéogrammes réalisés par des femmes. Après quelques interventions à la télévision communautaire, le groupe produira une première bande en 1975, Philosophie de boudoir, et prendra le nom de Vidéo Femmes en 1979. C'est au sein de ce collectif qu'Helen Doyle réalise ses premières bandes, souvent en co-réalisation, abordant la condition féminine dans une perspective résolument féministe. Au milieu des années 1980, elle s'éloigne de la production vidéo pour se tourner vers le cinéma. Le rendez-vous de Sarajevo (1997) inaugure plus tard une nouvelle période dans sa filmographie, alors qu’elle met de l’avant des questions relatives à la guerre, à la barbarie et à l'engagement artistique. L'œuvre d'Helen Doyle propose une interrogation sur l'artiste dans son rapport au monde. Elle rempote le prix Albert-Tessier en 2025, la plus haute distinction réservée à un·e cinéaste au Québec.






