Les derniers amants
Il y a longtemps que nous voulions faire une rétrospective de Jim Jarmusch. Au fil du temps, son cinéma, qui a d'abord accompagné le no-wave new-yorkais et une forme très branchée et esthète de l'underground américain, s'est déplacé sur des terrains extravagants. Western sous acide (Dead Man), film de samouraï en plein New York (Ghost Dog: The Way of the Samurai), film de vampires désabusés (Only Lovers Left Alive), entre diverses déambulations et cavales en tous genres (Down by Law; Night on Earth; The Limits of Control)... Puis, un chef d'œuvre des récentes années, Paterson.
Lauréat du Cannes Soundtrack Award, Festival de Cannes 2013
Dans les villes romantiques et désolées de Détroit et Tanger, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu'ont prises les activités humaines, retrouve son amante, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d'amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l'arrivée de sa petite sœur aussi extravagante qu'incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s'effondre autour d'eux?

Jim Jarmusch
Jim Jarmusch est initié au monde du cinéma par sa mère qui le dépose au cinéma local pendant qu'elle fait les courses. Marqué par Antonioni, Mizoguchi, Ozu, qu'il découvre à la Cinémathèque française, il s'inscrit à l’université de New York en cinéma. Son film de fin d'études, Permanent Vacation, est présenté dans de nombreux festivals en 1980. Les caractéristiques qui définiront le style et les scénarios de Jarmusch sont déjà en partie présentes dans ce film : dandysme désabusé d'anti-héros, travail dans l'ascèse, penchant pour les marginaux, tendance à montrer un quotidien étrange, décalé. Il réalise ensuite des films tels que Stranger Than Paradise (1984), lauréat de la Caméra d’or au Festival de Cannes et du Léopard d’or au Festival de Locarno, Down by Law (1986), Ghost Dog: The Way of the Samurai (1999), Broken Flowers (2005), lauréat du Grand Prix du Festival de Cannes, Only Lovers Left Alive (2013) et Paterson (2016).
Photo : Véro Boncompagni | Collections de la Cinémathèque québécoise





