Frédéric Back
Animation filmmaker Frédéric Back celebrated nature with panache and sensitivity in masterpieces such as Crac! (1981) and L'homme qui plantait des arbres (1987), all produced by Radio-Canada. Throughout his career, this winner of several prestigious awards (Oscar, Cristal d'Annecy, Prix Albert Tessier, Prix Iris-Hommage) has also been committed to protecting the environment and defending human rights. Alongside this work, he has been an assiduous practitioner of the visual arts, and has signed commissioned works (posters, interior design). Born in France in 1924, Frédéric Back died in Montreal in 2013.
La bataille de Marignan
En 2025, la Cinémathèque québécoise a fait l’acquisition d’une remarquable peinture intitulée «La bataille de Marignan», créée par Frédéric Back. Retour sur les circonstances entourant la création de l'œuvre.

Au cours de sa carrière, Frédéric Back a produit de nombreuses toiles et dessins. Influencé par le peintre français Mathurin Méheut, qui l’a marqué lors de ses études en France dans les années 1940, il affectionnait particulièrement les scènes traditionnelles, les représentations animalières et les paysages. Il y a, dans l’œuvre graphique de Back, un aspect documentaire et un désir de conserver les traditions et de célébrer la beauté par le geste de peindre et de dessiner. Les toiles et les dessins annoncent les films d’animation qui seront produits à partir de 1968.
Frédéric Back termine La bataille de Marignan en 1963, alors qu’il est toujours un employé du service des décors de Radio-Canada. Réalisée au pastel et aux crayons, elle représente un combat célèbre de l’histoire de France survenu au 16e siècle. Dans le contexte de la création picturale et cinématographique de Back, elle est atypique. En revanche, si on la place dans un axe moins connu de la carrière de l’artiste, soit celui des œuvres de commande, on constate immédiatement que La bataille de Marignan n’est pas un accident de parcours, mais bien une étape dans la production de nombreuses reconstitutions historiques comprenant des verrières et des illustrations.
La bataille de Marignan emprunte à la narrativité de toiles du Moyen-Âge. Structurée à la façon d’un récit, elle se caractérise par sa séquentialité et l’accumulation de détails qui guident l’œil à travers une composition complexe.
Dans un registre similaire, Frédéric Back avait créé les illustrations pour le film Champlain réalisé par Denys Arcand à l’ONF en 1962. La même année, il avait aussi conçu une verrière pour l’hôtel Holiday Inn de Québec, qui raconte l’histoire de cette ville, de même qu’une autre, l’année suivante, pour l’hôtel Holiday Inn de Dorval. La composition foisonnante et la narrativité de la mise en espace de ces deux verrières se rapprochent nettement de celle de La bataille de Marignan. (Nous remercions le chercheur John Harbour de nous avoir transmis de précieuses informations sur ces deux œuvres de commande.) Un exemple supplémentaire est celui de la verrière de la station de métro Place-des-Arts de Montréal, sur l’histoire de la musique dans la métropole québécoise.
Étant donné son intérêt esthétique et son excellent état de conservation, La bataille de Marignan éclaire sous un jour nouveau le travail de l’artiste. Elle se révèle donc indispensable pour comprendre l’ampleur de son talent et pour éclairer sa démarche, qui a mené à la réalisation de films d’animation qui sont considérés comme des classiques.
Marco de Blois, Programmateur-conservateur, cinéma d’animation, juin 2025
Animographe
Au début des années 1960, grâce à une subvention du Conseil des Arts du Canada, Frédéric Back part en Europe pour approfondir ses compétences en animation et en création de décors. Il quitte le pays en juillet 1963. Pendant son séjour, il se rend à la RTF, à Paris, où il découvre l’Animographe, un appareil inventé par Jean Dejoux qui permet de réaliser rapidement des films d’animation. Ce tiré à part de la revue de l’Union européenne de radio-télévision est intéressant, car il est annoté par Back, qui semble trouver des qualités à l’Animographe. À titre d’exemple, indiquons que la première saison de la série Les Shadoks a été produite à l’aide de l’invention de Dejoux.









