Chroniques labradoriennes + Le révolutionnaire
Cycle consacré à la présence du FLQ dans le cinéma québécois, programmé par Sylvain Garel, à l'occasion de la publication de son livre extrêmement fouillé sur le sujet avec les éditions Somme toute.
Présenté par Sylvain Garel, en présence d'André Forcier
La deuxième oeuvre d'André Forcier, dans laquelle il tient l'un des rôles principaux, est une délirante pochade mêlant allègrement images d'archives, plans de fiction en couleurs et en noir et blanc. Il y est question de trahison, du Labrador et du Québec libre.
Ce film a été numérisé et restauré dans le cadre d’un projet initié par la Cinémathèque québécoise à partir d’éléments conservés dans ses collections. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre d'une mesure du Plan culturel numérique du Québec.

Un groupe de jeunes isolés à la campagne se prépare à faire la révolution. Rétrospectivement, le premier long métrage de Jean Pierre Lefebvre, assez énigmatique, fait écho aux remous sociaux du Québec de la fin des années 60 et du début des années 70.

André Forcier
André Forcier est un réalisateur et scénariste québécois. Son œuvre, que plusieurs rattachent au réalisme magique sud-américain par les éléments de fantaisie qu'elle contient, est pourtant fortement ancrée dans la réalité du Québec. On y voit justement un des seuls liens existant actuellement entre la culture orale du Québec populaire et le cinéma québécois. Contrairement à Pierre Perrault qui observe les manières, la façon, les paroles d'un Québec fier, indépendant et profondément rural pour les anoblir, Forcier accepte la « bâtardisation » nord-américaine de sa société, tout en soulignant la vivacité de l'imagination populaire. Le cinéma d'André Forcier jouit d'une reconnaissance avantageuse tant au Canada qu'à l'étranger. Pionnier, il fut le premier cinéaste canadien à faire l'objet d'une rétrospective à la Cinémathèque française (1987). En 2003, il se voit décerner le prix Albert-Tessier, la plus haute distinction québécoise pour l'ensemble de son oeuvre. En mars 2010, le Prix du Gouverneur Général du Canada, consécration ultime en arts médiatiques au pays, lui était attribué. Le parcours exceptionnel d'André Forcier a été salué par le Prix Iris-Hommage de Québec Cinéma pour ses 50 ans de carrière (2018) et par la Louve d'honneur du Festival du Nouveau Cinéma pour l’ensemble de son oeuvre (2019). En 2024, Ababouiné a brillamment clôturé le Festival Fantasia, où Forcier a été honoré à la fois par un prix hommage pour l'ensemble de sa carrière et par le prix du public. Cette reconnaissance s'est confirmée aux Percéides en Gaspésie, où il a de nouveau été couronné pour l'ensemble de son œuvre et où Ababouiné a remporté le prix du public, témoignant de son statut de figure emblématique du cinéma québécois.

Jean Pierre Lefebvre
Jean Pierre Lefebvre est un réalisateur, scénariste, acteur, monteur et producteur québécois. Après des études en lettres à l'Université de Montréal, il pratique la critique cinématographique dans les revues Séquences et Objectif. Son premier film, un court métrage intitulé L'homoman, sort en 1964. L'année suivante, Lefebvre passe au long métrage avec la comédie satirique Le révolutionnaire, un film tourné en six jours qu'il réalise, scénarise et produit. Il présente ensuite la comédie dramatique Il ne faut pas mourir pour ça, mettant en vedette Marcel Sabourin, également co-scénariste du film. En 1969, Lefebvre voit son film Jusqu'au cœur être invité à la première Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes. Jusqu'au milieu des années 1980, il est assez prolifique, tournant rapidement et avec des budgets le plus souvent modestes. Onze de ses longs métrages sont sélectionnés dans l'une des sections du Festival de Cannes. Ses films oscillent entre le brûlot contestataire et des œuvres plus intimistes. Dans le premier cas, on retrouve des films comme Q-bec my love, satire du cinéma érotique, Mon œil, regard critique sur la télévision québécoise, ou Les maudits sauvages, vision iconoclaste de l'histoire du Québec. Du côté des films intimistes, on compte La chambre blanche, Les dernières fiançailles, ou Les fleurs sauvages. Il reçoit le Prix Albert-Tessier en 1995 et le Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle en 2013.
Photo : Collections de la Cinémathèque québécoise





