La nuit des morts-vivants
Le cinéma est un écran sur lequel projeter sans fard ses peurs, ses hantises et la monstruosité du monde. L’écran nous protège de ce qu’on y voit, mais le cinéma a aussi durablement ancré nos cauchemars autour de quelques images fortes (maisons vidées, greniers et sous-sols hostiles, masques démoniaques, grimaces à glacer le sang, postures inquiétantes). La Cinémathèque québécoise proposera tout au long de l’été un cycle traversant plus de cent vingt ans d’horreur, nous rappelant à quel point ce qui fait frémir le plus consiste à rendre concrètes, palpables et crédibles nos craintes les plus enfouies.
Un homme et une femme se barricadent dans une maison de campagne pour se protéger d'une invasion de zombies meurtriers qui dévorent leurs victimes.
Tourné en noir et blanc, ce classique du cinéma d'épouvante américain, sorti alors que les États-Unis traversaient une période d'intense agitation sociale et politique, apparaît comme une œuvre marquante du cinéma indépendant et de la contre-culture. Le cinéaste George A. Romero réalise ici son tout premier long-métrage, doté d'un budget modeste d'à peine plus de 110 000$, dont les accessoires et effets visuels sont aussi rudimentaires que du jambon rôti pour la chair humaine et du sirop de chocolat pour le sang. Malgré des images imparfaites et des maquillages parfois grossiers, Romero révolutionne le cinéma d'horreur.

George A. Romero
George A. Romero est un réalisateur, scénariste, monteur et acteur américano-canadien. Il est considéré comme un pionnier du cinéma d'horreur et des films de zombies. Il est une véritable icône pour les fans du genre. Les premiers volets de sa série de films Night of the Living Dead — Night of the Living Dead (1968), Dawn of the Dead (1978) et Day of the Dead (1985) — sont considérés comme trois des meilleurs et plus influents films d'horreur jamais réalisés et ont grandement contribué à l'image des zombies dans la culture populaire. Connu pour ses fréquents commentaires sociaux, Romero a eu une carrière prolifique en dehors des films de zombies, bien que la plupart de ses films soient restés dans le genre de l'horreur : The Crazies (1973), The Amusement Park (1975), Martin (1977), Creepshow (1982) et Monkey Shines (1988) sont considérés comme des œuvres cultes mineures, tout comme sa série télévisée d'anthologie Tales from the Darkside (1983-1988). Ses incursions hors de l'horreur incluent le drame féministe Season of the Witch (1972) et le film d'action Knightriders (1981), tandis que ses trois derniers films forment la seconde moitié de sa franchise Night of the Living Dead.





