La part du hasard
Artiste à part dans la nébuleuse du cinéma expérimental, l'œuvre de Patrick Bokanowski oscille entre l'animation, la photographie en mouvement et le poème filmé. La majeure part de ses films sont rassemblés ici et permettent de prendre la mesure d'un cheminement esthétique atypique qui mérite un accompagnement à la hauteur du projet. L'artiste sera donc présent pour commenter son travail et échanger avec le public pour chaque projection, accompagné de Michèle Bokanowski, dont l'œuvre musicale électroacoustique contribue à dessiner les contours de films oniriques incomparables.
Précédé du court métrage Gribouillisnowski
Des gribouillis.

La part du hasard se concentre exclusivement sur les techniques de dessin et de peinture utilisées par le peintre Henri Dimier. Tourné pendant plusieurs semaines dans l'atelier même du peintre, le film montre, à partir d'œuvres en cours d'exécution dans leurs différentes phases, des procédés rarement expliqués ou très peu connus. Il traite aussi bien de questions concrètes (choix du papier, broyage de pigments, reports des dessins, mises aux carreaux, poncifs...) que de questions plus générales de méthode et d'inspiration (rendu de l'espace, rôle des traits de contours, puissance de suggestion des perspectives, utilisation de procédés de hasard).

Patrick Bokanowski
Patrick Bokanowski est un réalisateur français dont l’œuvre se situe à la croisée des genres cinématographiques traditionnels, oscillant entre le court métrage, le film expérimental et l’animation. Sa manière de traiter le matériau filmique situe sa recherche à la frontière des arts optiques et plastiques, dans un « entre-deux » toujours à définir. Il remet en question l’idée selon laquelle l’essence du cinéma consisterait à reproduire le réel, nos façons de penser et de ressentir. Ses films contredisent en quelque sorte l’« objectivité » photographique qui est au cœur de la production cinématographique mondiale. Les expérimentations de Bokanowski témoignent de visions purement mentales qui font fi des conventions, influencent le réel et le transforment pour offrir aux spectateurs de nouvelles aventures perceptives. Son œuvre la plus célèbre demeure L’ange (1982).





