Le grand remue-ménage
Articulé autour de la Journée internationale des droits des femmes du 8 mars, ce cycle invite à s’immerger dans l’effervescence créatrice du cinéma féminin et féministe québécois des années 1970. Il réunit une séance-hommage à la réalisatrice et cofondatrice de Vidéo Femmes, Hélène Roy, suivie d’une discussion; deux projections d’œuvres indépendantes réalisées par des pionnières et récemment restaurées par la Cinémathèque québécoise; et la diffusion des six films de la série de l’ONF, En tant que femmes, présentés en dialogue avec le lancement du livre d’Olivier Ducharme, Nous ferons les films que nous voulons.
Réalisé par deux jeunes réalisatrices impliquées dans la création du distributeur Cinéma Libre, Le grand remue-ménage est exemplaire du film d’intervention sociale destiné à susciter les débats. Leur projet consiste à observer l’impact des conditionnements sociaux sur les stéréotypes sexuels : comment l’éducation et la société déterminent les rapports entre les hommes et les femmes?

Sylvie Groulx
Inscrite depuis longtemps dans un courant documentariste engagé, Sylvie Groulx aime débattre de questions larges qui touchent tout le monde. Du Grand remue-ménage (1978) jusqu’à l’indispensable À l’ombre d’Hollywood (2000), en passant par Chronique d’un temps flou (1988), le fil conducteur de son œuvre est peut-être la perte de repères, et donc la confusion des valeurs. Elle n’a jamais craint de remettre en question les idées reçues, mais toujours avec douceur et intelligence. Son cinéma est plutôt orienté, mais c’est celui d’une femme libre. Sylvie Groulx a une capacité à faire plonger le public dans des sujets d’envergure avec des documentaires éclairés, solides, dénués d’esbroufe ou de militantisme revanchard. Sa volonté de faire réfléchir sur certains enjeux tout en s’adressant à l’intelligence populaire est une chose assez rare. Sa caméra est patiente, attentive, futée et sa démarche n’exclut pas quelques belles idées de cinéma.

Francine Allaire
Francine Allaire est une réalisatrice québécoise née à Montréal. Elle a co-réalisé les films Une bien belle ville (1975) et Le grand remue-ménage (1978).







