Hommage à Sylvie Groulx
Cette programmation valorise des œuvres phares ou parfois plus méconnues du patrimoine cinématographique québécois.
Un entracte est prévu entre les films Le grand remue-ménage et Chronique d'un temps flou
Documentaire sur les problèmes de logement à Montréal et sur les démolitions massives qui ont eu lieu dans les quartiers populaires, notamment sur les rues Saint-Jacques et Saint-Norbert.

Réalisé par deux jeunes réalisatrices impliquées dans la création du distributeur Cinéma Libre, Le grand remue-ménage est exemplaire du film d’intervention sociale destiné à susciter les débats. Leur projet consiste à observer l’impact des conditionnements sociaux sur les stéréotypes sexuels : comment l’éducation et la société déterminent les rapports entre les hommes et les femmes?

À travers le portrait, les interrogations et les préoccupations de jeunes Québécois âgés de 20 à 25 ans, ce documentaire soulève, souvent avec humour, une réflexion sur la société québécoise actuelle : famille, couple, travail, chômage, création, politique, avenir, etc. La réalisatrice, quant à elle, y incarne la génération des 35 ans et contribue ainsi à mesurer le chemin parcouru depuis la fin des années 60.

Sylvie Groulx
Inscrite depuis longtemps dans un courant documentariste engagé, Sylvie Groulx aime débattre de questions larges qui touchent tout le monde. Du Grand remue-ménage (1978) jusqu’à l’indispensable À l’ombre d’Hollywood (2000), en passant par Chronique d’un temps flou (1988), le fil conducteur de son œuvre est peut-être la perte de repères, et donc la confusion des valeurs. Elle n’a jamais craint de remettre en question les idées reçues, mais toujours avec douceur et intelligence. Son cinéma est plutôt orienté, mais c’est celui d’une femme libre. Sylvie Groulx a une capacité à faire plonger le public dans des sujets d’envergure avec des documentaires éclairés, solides, dénués d’esbroufe ou de militantisme revanchard. Sa volonté de faire réfléchir sur certains enjeux tout en s’adressant à l’intelligence populaire est une chose assez rare. Sa caméra est patiente, attentive, futée et sa démarche n’exclut pas quelques belles idées de cinéma.






