Les douze salopards
Action ! Si un mot évoque le cinéma, la tension des tournages, la focalisation des regards, c’est bien celui-là. L’action est très souvent au cœur du cinéma populaire : Harold Lloyd suspendu aux aiguilles d’une horloge dans Safety Last! (1923), Cary Grant menacé et mitraillé par un avion dans North by Northwest (1959), Franka Potente à bout de souffle dans Cours Lola, Cours (1998)... Le western, les films de cap et d’épée, ceux d’arts martiaux ou d’aventure, les polars, tous ces genres reposent sur l’action, parfois frénétique, parfois minutieusement dosée.
Des films de Sergueï Eisenstein à Gilles Carle, de John Ford à John Boorman et Werner Herzog, en passant par Paul Verhoeven, Kathryn Bigelow, Park Chan-wook, Érik Canuel et Nicolas Winding Refn, ce cycle vous promet de passer par toute la gamme des émotions, du rire aux frissons, de la peur à la satisfaction.
Peu de temps avant le Débarquement, l’armée américaine veut déstabiliser le régime nazi. En échange d’une hypothétique amnistie, douze condamnés à mort se voient proposer une mission suicide : attaquer un château en France, lieu de villégiature pour les officiers nazis. Un monument du film de guerre américain, réalisé alors que la guerre du Vietnam fait rage. Le cinéma de Robert Aldrich y est à son meilleur : un style nerveux, un cynisme désabusé, une violence crue et sadique, un antimilitarisme farouche, et une flamboyante brochette d’acteurs, qui brillent par leurs performances outrancières et leurs répliques acérées.

Robert Aldrich
Robert Aldrich est un réalisateur, producteur et scénariste américain. Auteur iconoclaste et anticonformiste ayant exploré de nombreux genres cinématographiques pendant l’âge d’or d’Hollywood, il a principalement réalisé des films noirs, des films de guerre, des westerns et des mélodrames sombres aux accents gothiques. Ses films les plus connus sont Vera Cruz (1954), En quatrième vitesse (1955), Le grand couteau (1955), Qu'est-il arrivé à Baby Jane? (1962), Chut... chut, chère Charlotte (1964), Le vol du Phoenix (1965), Les douze salopards (1967) et Plein la gueule (1974). Caractérisés par une « mise en scène virile et des réinterprétations marquantes des genres classiques de l’action », les films d'Aldrich étaient réputés à l'époque pour repousser les limites de la violence dans le cinéma grand public et pour leur approche psychologiquement complexe des codes du film de genre.





