Mains criminelles
Inspirés par la nord-américanité au cinéma, nous nous penchons sur un corpus oublié, enfoui dans nos archives : il s'agit des mélodrames mexicains, réalisés dans les années 1940 et 1950. Avec son lot de stars (Maria Felix en tête), le Mexique a établi un véritable système, porté par un même genre et l'excès des sentiments. La rareté des films est la raison pour laquelle la plupart des titres de ce cycle seront présentés en version française.
Programmé avec la collaboration de Marie-Laure Poiré Bleau.
Un charlatan, Jaime Karín, se fait passer pour un médium afin de tromper les clientes du salon de beauté où travaille son épouse. Il tente de faire chanter l'une d'entre elles qu'il suspecte d'avoir assassiné son époux.

Roberto Gavaldón
Roberto Gavaldón est un acteur, réalisateur, scénariste et producteur de cinéma mexicain. Il a remporté trois Ariels d'or et la médaille Salvador-Toscano. Après un bref passage aux États-Unis où il rencontre Emilio Fernández et Chano Urueta, il rentre au Mexique où il apprend les métiers du cinéma, en travaillant dans des branches diverses comme figurant, accessoiriste, aide-monteur et assistant à la mise en scène. Dès son premier long métrage, La barraca (1945), Gavaldón manifeste d'évidentes qualités techniques. Ce film, adapté d'un roman de Vicente Blasco Ibáñez, est marqué par des connotations sociales. C'est cependant comme un maître du mélodrame qu'il finira par être reconnu. Selon Gustavo García, les mélodrames de Gavaldón sont parfaits, spectaculaires, intenses et pleins d'humour. Si l'influence du meilleur cinéma américain imprègne son œuvre, on ne doit pas sous-estimer, pour autant son originalité et sa dimension créatrice. Ses meilleurs films reçoivent un accueil favorable, tant du public que de la critique : Double destinée (1946), Le déesse agenouillée (1947), Mains criminelles (1951), Rosauro Castro (1950), Le révolté de Santa Cruz (1952), Macario (1960) et El Gallo de Oro (1964). Pour Ariel Zúñiga, les thèmes récurrents dans l'œuvre de Gavaldón sont le territoire perdu de l'enfance, l'altérité et la mort. Ses films trahissent aussi des questionnements socio-politiques. Dirigeant syndical et député fédéral, il n'ignore rien des vicissitudes de l'Histoire. Son film Rosa Blanca (1961) fera d'ailleurs l'objet d'une interdiction à l'époque.





