Photo jaunie + Elle pis son char
Le propos d'un film, lorsqu'il s'approche au plus près de soi, peut être un défi pour des cinéastes aventureux dont l'ambition dépasse le simple désir de raconter. À travers quelques exemples de documentaires québécois récents, nous abordons cette pratique de l'intime telle qu'elle se déploie à l'écran.
Photo jaunie est un documentaire dans lequel la réalisatrice retrace l’existence de son père, décédé lorsqu’elle avait 12 ans, à travers un montage de ses mémoires. À partir des films de famille tournés par son grand-père paternel et par son père entre 1954 et 1998 et les journaux intimes qu’il a écrit au cours de sa vie, elle retrace l’histoire d’un homme ordinaire dont la mémoire personnelle fait écho à une mémoire collective : celle d’une génération issue d’une société post-Grande Noirceur où la libération est aussi synonyme de perte de repères. Commence alors un dialogue empreint de nostalgie, entre les vidéos heureux et les écrits tourmentés, qui devient très vite universel.

31 décembre 2003. Lucie décide d’écrire une lettre à l’homme qui a abusé d’elle de l’âge de 8 à 12 ans et se résout à la lui porter en main propre, où qu’il soit.

Fanie Pelletier
Fanie Pelletier est une réalisatrice et monteuse de Montréal. Elle est titulaire d'une majeure en sciences sociales, d'un baccalauréat en production cinématographique et d'une maîtrise en études cinématographiques. En 2016, elle a réalisé le film Photo jaunie (2017) qui a été sélectionné dans plusieurs festivals dont celui de Clermont-Ferrand et remporté quelques prix. En 2017, elle a réalisé le court métrage Vagabonds pour Radio-Canada. Jouvencelles (2022) est son premier long métrage documentaire. Le film a gagné le prix du meilleur premier long métrage au Festival international du film documentaire de Jihlava.

Loïc Darses
Loïc Darses est un scénariste et réalisateur québécois. Il a réalisé les courts métrages primés Elle pis son char (2015) et Cercueil, tabarnak ! (2021), le premier ayant notamment été sélectionné au Festival du film de Sundance ainsi qu’au Festival international du film de Rotterdam. Après La fin des terres (2019), un premier long métrage documentaire marquant produit par l’ONF, il signe Graver l’homme : arrêt sur Pierre Hébert (2024) qui rend hommage à l’œuvre de l’inépuisable cinéaste d’animation.





