Space Is the Place
Le cinéma qui rend compte à travers la décennie soixante-dix du mouvement afrodescendant dans la suite de la lutte des droits civiques constitue un terreau d'expression passionnant. Follement créatifs au niveau de la forme, les films de cette programmation ne perdent jamais de vue la portée sociale de leurs propos. Quelques titres complètent le tableau à rebours ou en amont de cette période marquante de la deuxième moitié du vingtième siècle. Programmatrice invitée : eunice bélidor.
Sun Ra, le mystique avant-gardiste du jazz, a transposé sa vision afrofuturiste novatrice à l'écran avec cette adaptation cinématographique de son album-concept. Il s'agit d'un tourbillon kaléidoscopique et déjanté mêlant science-fiction, critique sociale tranchante, esthétique pseudo-blaxploitation décalée et performances musicales électrisantes, dans lequel le pharaonique Ra et son Arkestra mènent un mouvement intergalactique visant à reloger la communauté noire dans leur colonie spatiale utopique.

John Coney
John Coney est un réalisateur américain. Après avoir réalisé Dilexi, une série d’art expérimental, il est recruté par le producteur Jim Newman afin de filmer un concert de Sun Ra et son Arkestra. Newman avait été séduit par l'expérience de Coney avec la musique d'avant-garde. Le tournage du concert a été suivi de peu par celui de quelques scènes dramatiques vaguement scénarisées, donnant naissance au film Space Is the Place en 1974.

Sur notre blogue

Ornette: Made in America de Shirley Clarke
Black Power : la poésie d’une lutte
La programmatrice invitée eunice bélidor nous présente le cycle Black Power : la poésie d'une lutte, présenté jusqu'au 31 mars.
« Je souhaitais utiliser le cinéma comme moyen de montrer la beauté et la poésie qui émergent des situations les plus difficiles. »




