The Story of a Three-Day Pass
Le cinéma qui rend compte à travers la décennie soixante-dix du mouvement afrodescendant dans la suite de la lutte des droits civiques constitue un terreau d'expression passionnant. Follement créatifs au niveau de la forme, les films de cette programmation ne perdent jamais de vue la portée sociale de leurs propos. Quelques titres complètent le tableau à rebours ou en amont de cette période marquante de la deuxième moitié du vingtième siècle. Programmatrice invitée : eunice bélidor.
Précédé du court métrage Blur
Présenté par la programmatrice invitée, eunice bélidor
Gloria est assise tranquillement à un arrêt de bus, la nuit, et attend. Les souvenirs de sa jeunesse l'envahissent soudainement et accaparent ses pensées. Un récit onirique et non linéaire se déploie et nous rapproche de « Dre », un jeune homme en proie à une crise personnelle profonde. Il s'ensuit une brève chronique des soins prodigués dans le monde. Blur présente une évocation impressionniste de la perte et de la vie qui émerge à la suite de celle-ci, invitant les spectateurs à méditer sur la complexité du temps et la qualité haptique de la mémoire.

Turner, un soldat afro-américain stationné en France, se voit accorder une promotion et une permission de trois jours par son commandant, qui est d'un racisme insouciant. Il se rend à Paris, où il vit une idylle avec une femme blanche, mais qu'adviendra t-il de leur amour une fois sa permission terminée? En s'inspirant de la Nouvelle Vague, Van Peebles livre une exploration psychologique d'une relation interraciale ainsi qu'un commentaire sur les contradictions raciales de la France. Une œuvre tour à tour enjouée, sarcastique et subversive, qui pose les bases de la révolution cinématographique qu'il déclenchera quelques années plus tard avec Sweet Sweetback’s Baadasssss Song.

Melvin Van Peebles
Melvin Van Peebles est un acteur, réalisateur, écrivain et compositeur américain. Son premier long métrage, The Story of a Three-Day Pass (1967), est une adaptation de La permission, son propre roman en français. Le film a été filmé en France, puisqu'il était difficile pour réalisateur afro-américain d'obtenir du travail à l'époque. Le film remporte un prix au Festival international du film de San Francisco, ce qui attire l'attention des studios hollywoodiens et mène à la réalisation de son premier film américain, Watermelon Man, en 1970. Déclinant toute nouvelle proposition d'Hollywood, il met à profit ses succès afin de financer son travail de cinéaste indépendant. En 1971, il réalise et joue dans son œuvre la plus connue, Sweet Sweetback's Baadasssss Song, qui donne naissance à la blaxploitation, même si le critique Roger Ebert ne considère pas son film comme un exemple du genre. Il enchaîne avec la comédie musicale Don't Play Us Cheap, adaptée de sa propre pièce de théâtre, et continue de réaliser des films et d'écrire des romans et des pièces en anglais et en français pendant plusieurs décennies. Parmi ses derniers films, notons le film en français Le conte du ventre plein (2000) et l'absurde Confessionsofa Ex-Doofus-ItchyFooted Mutha (2008). Son fils, le cinéaste et acteur Mario Van Peebles, joue dans plusieurs de ses œuvres et l'incarne dans le film biographique Baadasssss!, sorti en 2003.

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