The War Game
Les premiers films de Peter Watkins visent à semer le trouble, aussi bien en mimant les techniques du documentaire pour faire grincer la fiction qu’en mettant en scène des visions terrifiantes pour interpeller les consciences et réveiller les esprits critiques. Alors que le cinéaste s’est éteint il y a quelques mois, ce petit cycle offre l’occasion de se replonger dans les débuts de cette œuvre disruptive, tant sur le plan de sa forme que de son engagement.
Lauréat du Prix spécial, Mostra de Venise 1966
Lauréat de l'Oscar du meilleur documentaire en 1967
Dans le contexte de la guerre froide, une frappe nucléaire soviétique s'abat en Angleterre. Basé sur une recherche décortiquant les atroces effets des bombardements de Dresde, Hambourg, Hiroshima et Nagasaki, The War Game remet de l'avant les terribles conséquences du premier mois d'une attaque nucléaire.

Peter Watkins
Peter Watkins est un réalisateur, documentariste, auteur et théoricien du cinéma britannique. Il est l’un des pionniers de la docu-fiction et du documenteur (mockumentary), avec une œuvre à forte connotation politique. Ses films explorent des idées pacifistes et radicales à travers un style hors des sentiers battus. Ses réflexions se concentrent sur les médias de masse et le rapport à l’image du public, ainsi qu’à sa participation au processus cinématographique et télévisuel. Presque tous ses films mêlent des éléments dramatiques et documentaires pour disséquer des faits historiques ou des événements susceptibles de se produire dans un avenir rapproché. Le premier d'entre eux, Culloden (1964), dépeint la révolte jacobite de 1745 dans un style documentaire, comme si des reporters de télévision interviewaient les participants et les accompagnaient au combat. Un autre exemple, The War Game (1966), met en scène les conséquences d'une attaque nucléaire hypothétique sur la Grande-Bretagne. Sa réputation d'agent provocateur est amplifiée par Punishment Park (1971) un récit de conflits politiques violents aux États-Unis dont la sortie coïncida avec le massacre de Kent State. Parmi ses autres œuvres notables, citons Edvard Munch (1974), un film biographique sur le peintre du même nom, et The Journey (1987), un film-essai de 14 heures consacré au désarmement nucléaire. Le British Film Institute écrit à son sujet : « À une époque où l'emprise des médias sur nos vies et nos moyens de communication ne cesse de se resserrer, les films [de Watkins] demeurent un outil essentiel pour envisager de nouvelles formes de création visuelle, s'affirmant comme une force éclatante et captivante en soi. »
Photo : Jacques Dufresne | Collections de la Cinémathèque québécoise





