Vladimir et Rosa
À partir de la fin des années 1960, Godard se fait à la fois acteur et observateur des remous de son temps. Il capte les frémissements pré-1968 comme le déclin des trente glorieuses, la société des grands ensembles et des embouteillages... Au cours de cette période marquée par sa relation avec Anne Wiazemsky, il devient de plus en plus politique tout en conservant un regard critique amusé : ainsi, les militants mao n’apprécient guère La chinoise. À partir de 1968, il se radicalise et cherche à faire du cinéma autrement : il s’essaie au pamphlet, au cinétract, au documentaire antispectaculaire, et revendique l’anonymat en fondant le groupe Dziga Vertov avec son ami maoïste Jean-Pierre Gorin. Sur le terrain, il se mobilise pour Henri Langlois, contre la guerre du Vietnam, pour la cause palestinienne… La seconde partie des années 1970 marque une nouvelle phase, alors que sa rencontre avec Anne-Marie Miéville coïncide avec son passage à la vidéo.
Une interprétation libre du procès des Huit de Chicago où le juge Hoffman, devenu le juge Himmler, gribouille ses notes sur des Playboy, où les accusés campent des figures de la Révolution française et où Godard et Gorin, incarnant Lénine et Karl Rosa, discutent de politique et de cinéma.

Jean-Luc Godard
Né à Paris en 1930, Jean-Luc Godard grandit au bord du lac Léman, se passionnant en premier lieu pour la peinture. Après la Seconde Guerre mondiale, qu'il passe à l'abri en Suisse, sa famille l’envoie étudier à Paris, mais Godard y fréquente surtout les ciné-clubs et la Cinémathèque française. À l’aube des années 1950, il fréquente le Ciné-club du quartier latin où il fait la rencontre décisive de Maurice Schérer (bientôt Éric Rohmer), François Truffaut, Claude Chabrol et Jacques Rivette entre autres, avec lesquels il fait ses premiers pas en tant que critique et se lance dans l’aventure des Cahiers du cinéma. Après la réalisation de quelques courts métrages, il passe au long dans la foulée de François Truffaut en réalisant en 1960 À bout de souffle, qui contribue au coup d’envoi de la Nouvelle Vague. Il ne cessera de tourner jusqu’aux années 2010, constituant au fil des décennies une œuvre exploratoire qui a toujours repoussé les limites du cinéma.
Photo : ©Bertrand Carrière | Collections de la Cinémathèque québécoise

Jean-Pierre Gorin
Jean-Pierre Gorin est un réalisateur de cinéma français, connu pour son travail avec Jean-Luc Godard, pendant ce qui est souvent considéré comme sa période « radicale », au sein du Groupe Dziga Vertov. Ensemble, ils ont réalisé une série de films ouvertement politiques qui inclut Le vent d'est (1970), Tout va bien (1972), and Lettre à Jane (1972). Gorin quitte la France au milieu des années 1970 et accepte un poste d'enseignant à l'Université de Californie. Il reste ensuite à la faculté des arts visuels, où il enseigne l'histoire du cinéma et la critique filmique. Il continue parallèlement de faire des films, notamment une tétralogie d'essai cinématographique sur la Californie du Sud, incluant les films Poto and Cabengo (1978), Routine Pleasures (1986), My Crasy Life (1991), and Letter to Peter (1992).





