Voyage en Grande Tartarie
Avec une quinzaine de longs métrages réalisés sur un peu plus de quarante ans, Micheline Lanctôt est une figure incontournable du cinéma québécois. De L'homme à tout faire jusqu'à Autrui, de Sonatine (Lion d'argent, 1984) jusqu'à Une manière de vivre, cette cinéaste de conviction, à l'écriture précise témoigne souvent de son époque avec une longueur d'avance. Il est plus que temps de redécouvrir ses films en salle pour en prendre la mesure. Quelques films qui ont marqué sa carrière de comédienne complètent le programme.
Un homme, atterré par la mort de sa femme, décide de partir en voyage. Il rencontre une Québécoise tout aussi écorchée vive. Ils se rejoignent sur leurs blessures et retrouvent à deux un certain goût de vivre. Micheline Lanctôt, dans l'un de ses plus grands rôles, y est émouvante, drôle et insolite.

Jean-Charles Tacchella
Jean-Charles Tacchella est un scénariste et réalisateur français. En 1948, il fonde avec plusieurs cinéastes un ciné-club d'avant-garde, Objectif 49, devenu le berceau de la Nouvelle Vague. Tacchella commence peu de temps après à travailler anonymement sur des scénarios, puis collabore à la télévision alors naissante, en imaginant la première émission à laquelle participe le public. De 1955 à 1962, il signe une vingtaine de scénarios. Il en écrit plusieurs avec Gérard Oury, dont celui de Le crime ne paie pas et la première version de La grande vadrouille. Il réalise son premier film, le court métrage Les derniers hivers, en 1969, puis tourne un premier long métrage assez sombre, Voyage en Grande Tartarie (1974), mettant en vedette Jean-Luc Bideau et Micheline Lanctôt. Tacchella change de registre avec son second film, Cousin, Cousine (1975), une comédie douce-amère dans laquelle on retrouve Victor Lanoux, Marie-Christine Barrault et Marie-France Pisier. Le film est un grand succès en France et conquiert le grand public américain de manière spectaculaire. Il décroche trois nominations aux Oscars et fait l'objet d'un remake en 1989. Ses films suivants sont dans le même esprit que Cousin, Cousine, mais ne rencontrent pas son succès. Tacchella continue de faire du cinéma jusqu’au début des années 2000, avant de devenir Président de la Cinémathèque française pendant quelques années.





