À partir de l’après-guerre, Kurosawa s’est imposé comme l’un des grands noms de l’histoire du cinéma et comme l’un des chefs de file de l’âge d’or du cinéma japonais des années 1950 et 1960. Épique, son cinéma l’est par ses récits autant que par l’ampleur de sa mise en scène et sa profondeur existentielle – et ce, même lorsqu’il délaisse les samouraïs pour filmer ses contemporains. Sans prétendre à l’exhaustivité, ce cycle propose de revisiter quelques-uns de ses grands classiques, en particulier de sa faste période de collaboration avec l’acteur Toshirō Mifune, portraits d’humanité saisis à la frontière de la flamboyance et de la noirceur.
Lauréat de la Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine pour Toshirō Mifune, Mostra de Venise 1961
Le rônin Sanjuro est au centre de la lutte qui oppose deux clans d'un village. Rusé, il tire profit de cette rivalité et nettoie le village de la pourriture qui le souille. À ce film, qui est considéré comme un grand chef-d’œuvre du film de samouraïs, Kurosawa a donné une suite : Sanjuro. Il fut plusieurs fois copié, la première par Sergio Leone dans Pour une poignée de dollars (1964). Cela ne fait que souligner la parenté évidente entre le monde du western et celui des samouraïs.

Akira Kurosawa
Akira Kurosawa est un réalisateur, producteur, scénariste et monteur japonais. Il est considéré comme l'un des cinéastes les plus célèbres et influents de l'histoire du cinéma. En 57 ans de carrière cinématographique, il a réalisé plus de trente films. Après une brève expérience de peintre, il entre dans l'industrie cinématographique japonaise en 1936 en tant qu'assistant réalisateur et scénariste. Il fait ses débuts en tant que réalisateur pendant la Seconde Guerre mondiale avec le film d'action populaire La légende du grand judo (1943). Son huitième long métrage, L'ange ivre (1948), est acclamé par la critique, consolidant sa réputation. Ce film marque les débuts de sa collaboration avec l'acteur Toshirō Mifune, qui va tourner dans seize de ses films. Pour Rashōmon (1950), Kurosawa reçoit le Lion d'or à la Mostra de Venise. Cette récompense inattendue permet au film d'être diffusé en Europe et en Amérique du Nord. Son succès public et critique ouvre les portes de l'Occident au cinéma japonais et permet à d'autres cinéastes japonais d'obtenir une reconnaissance internationale. Des années 1950 au début des années 1960, Kurosawa réalise environ un film par an, dont Ikiru (1952), Les sept samouraïs (1954) et Yojimbo (1961). Il devient moins prolifique au début des années 1970, mais ses œuvres tardives — dont Kagemusha, l'ombre du guerrier (1980) et Ran (1985) — continuent de remporter des prix, dont la Palme d'or au Festival de Cannes pour le premier. En 1990, il reçoit l'Oscar d'honneur « pour l'ensemble de ses réalisations qui ont inspiré, ravi, enrichi et diverti le public mondial et influencé les cinéastes du monde entier ».






