From June, 18th 2015 to July, 10th 2015

Match Parfait : le baseball au cinéma

Nous célébrons le baseball au cinéma, sous ses formes les plus diverses, de la fiction au documentaire en passant par le court métrage et les films expérimentaux. Des activités complémentaires scanderont le cycle. Le 18 juin, nous débuterons par un combat des films où des invités choisiront parmi les titres de notre programmation le Meilleur film de baseball.

Extra-muros, le 21 juin, à 21 h, au parc Charleroi, pour souligner le 100e anniversaire de l’arrondissement de Montréal-Nord, nous rendrons hommage au match parfait de Dennis Martínez qui a eu lieu le 28 juillet 1991. L’ancien lanceur des Expos de Montréal sera présent et commentera des extraits du match légendaire.

Le 25 juin,le cinéaste expérimental new-yorkais Bill Morrison donnera une conférence sur son travail avec les archives qu’il utilise comme matériau de création. Dans le cadre de ses recherches au fonds Dawson d’Archives Canada, il a trouvé des images inédites des Séries mondiales de 1919 (l’année du fameux Black Sox Scandal), conservées pendant des dizaines d’années dans la glace d’une piscine de Dawson City.

Enfin, le 8 juillet, à 19 h, pour notre événement de clôture, Rock Demers nous présentera, en présence de comédiens, La Gang des hors-la-loi.

Programmateur invité : Carl Dubé.

VOIR LE REPÈRE BILBIOGRAPHIQUE ASSOCIÉ AU CYCLE.

En collaboration avec :

Le baseball au cinéma

Le passe-temps favori des Américains est, sans conteste, le sport le plus représenté au petit et au grand écran. Aux États-Unis, près de 200 films de fiction sur le baseball ont été produits! Et ce match parfait commence dès les tout débuts du cinéma :

1896 : En Amérique, le tout premier film de baseball – The ball game – est produit par Thomas A. Edison avec Edison Company. Ce film de 27 secondes (projeté à 28 images par seconde) montre le déroulement d’une partie entre les équipes de Reading et de Newark, la caméra installée derrière le marbre et filmant le jeu.

1899 : Casey at the bat de James H. White fût peut-être le tout premier film de l’histoire cinématographique à générer des « remakes », puisqu’on en a refait des versions en 1913 (James Young & Harry T. Money), 1916 (Lloyd Ingraham), 1927 (Monty Brice & Spec O’Donnel) et 1946 (Walt Disney).

Durant les années 1910 : les ligues professionnelles de baseball s’intéressent au cinéma qui est fait sur leur sport. Avec des courts métrages, on tente d’offrir au public de la classe moyenne des héros irréprochables, à l’image du baseball ! Les joueurs interprétaient souvent leur propre rôle dans des films de fiction afin de donner une bonne image de leur sport.

Une des premières vedettes fut Hal Chase, gérant des Highlanders de New York (Hal Chase’s home run, 1911). Comme celui-ci avait mauvaise réputation et était reconnu pour parier sur ses propres matchs, les films devenaient une opportunité de redorer son image. D’un autre côté, il y avait les films avec le lanceur irréprochable Christy Mathewson (Christy Mathewson and the New York National League Team – 1907; Breaking Into the Big League – 1913).

1919 : le Black Sox Scandal ramènera tout le monde à la réalité, alors que huit joueurs des White Sox de Chicago – l’équipe qui était pratiquement imbattable – acceptèrent de perdre volontairement les Séries mondiales afin d’améliorer leur condition, eux qui étaient sous-payés par le propriétaire Charles Comiskey. Bien que les tribunaux acquittent les joueurs, le Baseball majeur, lui, les bannit à vie. Deux films plus récents en font état : Eight Men Out (1988) et Fields of dream (1989).

Durant les années 1930, l’industrie du cinéma continue de produire de nombreux films sur le baseball, bien qu’aucun d’entre eux ne fasse ses frais. On voit l’arrivée des films à teneur biographique (biopics), le plus célèbre étant Pride of the Yankees en 1944, relatant la vie de Lou Gherig et de sa relation avec Eleanor Twitchell.

Dans la seconde moitié des années 1950 apparait une nouvelle forme d’histoires hybrides (docu-fiction) visant à faire la promotion des problèmes sociaux que doivent surmonter les athlètes provenant d’une minorité afin d’atteindre les plus grands niveaux du sport professionnel; The Jackie Robinson Story (1950) en étant le meilleur exemple.

L’après-guerre est synonyme de l’arrivée massive des postes de téléviseurs dans les maisons. Les premières retransmissions de parties datent de 1939, mais leur diffusion s’est vraiment développée à partir de 1947. La couverture des parties durant les années 1950 est plutôt de faible qualité, se résumant à une caméra fixe derrière le marbre, en hauteur, loin des joueurs. Les années 1960 verront l’arrivée des multiples caméras, des équipes avec caméra à l’épaule, des lentilles, de la couleur, des ralentis et des reprises. L’engouement pour les matchs télédiffusés explique peut-être l’absence de films sur le baseball de 1958 à 1973, avec l’exception de Safe at home en 1962.

Au milieu des années 1980, le film de baseball rencontre pour la première fois le succès au box-office : The Natural, avec à sa barre le jeune réalisateur Barry Levinson (c’était son deuxième long métrage au cinéma) déploie un alignement toute étoile avec Robert Redford, Robert Duvall, Glenn Close, Barbara Hershey et Kim Basinger. Produit au coût approximatif de 28 millions de dollars, le film fera en recettes près de 48 millions de dollars, aux États-Unis seulement. Il sera même le 14e film le plus rentable aux États-Unis en 1984! Adapté du roman du même nom de Bernard Malamud (1952) The Natural ouvre la voie à une renaissance du film de baseball et cinq autres films marqueront l’histoire du film de baseball avant la fin de la décennie : Bull Durham (1988), Eight Men Out (1988), Stealing Home (1988), Field of dreams (1989) et Major league (1989).

Durant les années 1990, le film de baseball accorde une grande importance aux biopics, (The Babe, 1992; A league of there own, 1992; Cobb, 1994) et aux comédies (Mr. Baseball, 1992; Major league II, 1994, Major league : back to the Minors, 1998) avec des budgets plus considérables et des scénarios toujours plus soignés, sans toutefois répéter l’exploit de la décennie précédente.

Septembre 1994 : le réseau PBS diffuse en grande première, le documentaire de Ken Burns, Baseball, un documentaire de 18½ heures. Racontant l’histoire complète du baseball de ses origines à nos jours, le documentaire en neuf épisodes recueille une audience de 45 millions de spectateurs, ce qui en fait l’émission la plus regardée de l’histoire de la télévision publique.

Les années 2000 témoignent d’un certain essoufflement alors que les films de baseball répètent des modèles scénaristiques qui ne surprennent plus. Trois exceptions majeures cependant; Sugar (2008) dépeint l’envers de la médaille alors qu’on suit un jeune dominicain dans sa tentative de devenir une vedette de baseball; Moneyball (2011) fait état d’un changement dogmatique dans le Baseball majeur et; 42 (2013), un biopic à grand budget relate les débuts de la carrière de Jackie Robinson.

Au Québec, étrangement, même si le baseball organisé est présent depuis plus d’un siècle, sa présence au cinéma d’ici se fait plutôt rare. C’est en 2008 seulement qu’on voit un premier long métrage qui parle de baseball alors que Marc Robitaille signe le scénario adapté de son roman Un été sans point ni coup sûr. Enfin, l’an dernier, Rock Demers produit La gang des hors-la-loi, le 27e Conte pour tous.

Le baseball à la Cinémathèque québécoise

La Cinémathèque québécoise vous convie à célébrer, en ce début de saison estivale, le baseball au cinéma à travers sa programmation qui vous propose certains des meilleurs films produits sur ce sport à travers une variété de documents, allant de la fiction au documentaire en passant par le court métrage et les films expérimentaux.

En plus de nos projections, nous aurons quatre activités majeures à ne pas manquer.

Le 18 juin à 19 h, notre festival de films s’ouvrira avec la projection du film Sugar (2008), en entrée libre, suivie à 21h00 d"une table ronde qui prendra la forme d’un combat des films où des invités détermineront parmi les films de notre programmation lequel est le Meilleur film de baseball de tous les temps.

Le 21 juin, à 21 h au parc Charleroi, pour souligner le 100e anniversaire de l’arrondissement de Montréal-Nord et la 50e édition du tournoi de baseball de catégorie Moustique, organisé par le club de baseball mineur de l’arrondissement, nous rendrons hommage au match parfait de Dennis Martinez  - qui a eu lieu le 28 juillet 1991 -  en présence de cet ancien lanceur des Expos de Montréal. Nous projetterons des extraits de la diffusion originale de RDS que M. Martinez commentera.

Le cinéaste new-yorkais Bill Morrisson a fait une découverte qui fera mourir d’envie les amateurs de baseball et les fervents historiens : il a trouvé des images inédites des Séries mondiales de 1919, l’année du fameux Black Sox Scandal. Conservées pendant des dizaines d’années dans la glace d’une piscine de Dawson City, Bill Morrison viendra nous montrer, le 25 juin à 17 h, ces images exclusives en nous expliquant comment il les a trouvés et comment il compte les utiliser dans son prochain film, lui qui se spécialise dans les documentaires faits à partir d’images d’archives.

Le 8 juillet à 19 h, pour notre événement de clôture, Rock Demers nous présentera, en présence de comédiens, son film La gang des hors-la-loi. Lors de cette dernière soirée, nous en profiterons pour procéder aux tirages de prix de participation.

Sources :

Baker, Aaron. 1994. Contested identities: sport in American film and television. Indiana University, 250 pages.
Dickerson, Gary Edward. 1989. Images of America in baseball films.Bowling State university, 280 pages.
Edelman, Rob. 1994. Great baseball films: from Right off the bat to A league of their own. Citadel press, 231 pages.
Kracauer, Siegfried. 2011. From Caligari to Hitler (exp. édition). Princeton University Press. 432 pages.
Thorn, John. 2011. Baseball in the garden of Eden : the secret history of the early game. Simon and Shuster, 365 pages.
Thorn, John & al. 2001. Total Baseball (7e edition). Total sports publishing, 2502 pages.
Ward, Geoffrey & Ken Burns. 2010. Baseball: an illustrated history. Knopff, 564 pages.

Cycles

My schedule

Log-in to automatically save your schedule for your next visit.