Atlantique
De mois en mois, le cycle récurrent Noir.e.s à la caméra permet de découvrir des œuvres réalisées ou produites par des cinéastes africain.e.s ou afrodescendant.e.s, tout au long de l’histoire du cinéma.
Dans une banlieue populaire de Dakar, les ouvriers du chantier d’une tour futuriste, sans salaire depuis des mois, décident de quitter le pays par l’océan pour un avenir meilleur. Parmi eux se trouve Souleiman, l’amant d’Ada, promise à un autre. Quelques jours après le départ des garçons, un incendie dévaste la fête de mariage de la jeune femme et de mystérieuses fièvres s'emparent des filles du quartier. Ada est loin de se douter que Souleiman est revenu...
Mati Diop
Depuis le début des années 2000, Mati Diop construit une œuvre mutante primée dans de nombreux festivals internationaux. Avec son premier long métrage Atlantique (2019), lauréat du Grand Prix du Festival de Cannes, elle s’est imposée comme l’une des figures majeures du cinéma d’auteur international et d’une nouvelle vague dans le cinéma africain et diasporique. Son cinéma nomade, romanesque et politique transgresse les frontières entre les genres et les formats comme une extension de sa double identité et d’une créolité revendiquée. Le formalisme de son cinéma prend son origine dans une curiosité première pour les arts plastiques, notamment la vidéo et surtout le son. Dès l’âge de 20 ans, elle tourne un premier court métrage autoproduit, Last Night (2004), puis elle confirme son désir de devenir réalisatrice lorsque Claire Denis lui confie le premier rôle féminin du film 35 Rhums (2008). Atlantiques (2009), Mille Soleils (2013) et Atlantique forment un manifeste qui signe l’affirmation d’un choix politique : un cinéma engagé au Sénégal dont la jeunesse populaire en sera le cœur battant. Lauréat de l'Ours d'or à la Berlinale, Dahomey (2024), son second long métrage tourné au Bénin, porte sur la restitution des trésors royaux pillés pendant la colonisation française, réaffirmant son activisme artistique sur le continent africain.
Bio : MUBI
Photo : Henry Roy

À explorer
«Atlantique»: des zombies et des femmes
L’œuvre élégante et ambitieuse se décline en plusieurs tons : film social presque documentaire, romance, fantastique, polar, avec passages entre les genres pas toujours au point. Un scénario parfois effiloché, des jeux d’interprètes assez appuyés se greffent à des scènes parfois remarquables, nourries de réalisme magique...

Image : La Presse





