Bayan ko
Action ! Si un mot évoque le cinéma, la tension des tournages, la focalisation des regards, c’est bien celui-là. L’action est très souvent au cœur du cinéma populaire : Harold Lloyd suspendu aux aiguilles d’une horloge dans Safety Last! (1923), Cary Grant menacé et mitraillé par un avion dans North by Northwest (1959), Franka Potente à bout de souffle dans Cours Lola, Cours (1998)... Le western, les films de cap et d’épée, ceux d’arts martiaux ou d’aventure, les polars, tous ces genres reposent sur l’action, parfois frénétique, parfois minutieusement dosée.
Des films de Sergueï Eisenstein à Gilles Carle, de John Ford à John Boorman et Werner Herzog, en passant par Paul Verhoeven, Kathryn Bigelow, Park Chan-wook, Érik Canuel et Nicolas Winding Refn, ce cycle vous promet de passer par toute la gamme des émotions, du rire aux frissons, de la peur à la satisfaction.
Tourné durant le régime du président Ferdinand Marcos, dans un contexte de déclin économique et de corruption, Bayan ko est à l'origine le titre d'une chanson devenue l'hymne des opposants à Marcos. Film ouvertement engagé, Bayan ko parvint à sortir illégalement des Philippines pour être présenté au Festival de Cannes. L’œuvre considérée comme la plus engagée de son auteur, Lino Brocka, est un hymne magnifique à la liberté du peuple philippin, mais également un thriller nerveux et incisif.

Lino Brocka
Lino Brocka est un réalisateur philippin. Il est reconnu comme étant l’un des réalisateurs les plus influents et significatifs de l’histoire du cinéma philippin. Dans ses films, il s’est souvent attaqué aux problèmes sociaux de son pays, et malgré une proximité initiale avec la famille Marcos, il a fini par y intégrer des thèmes anti-autoritaires en opposition à la dictature de l'ancien président Ferdinand Marcos. Il a co-fondé l’organisation Concerned Artists of the Philippines (CAP), ayant pour but d’aider les artistes à aborder les problèmes auxquels le pays est confronté, ainsi que le mouvement Free the Artist. Il était aussi un membre de la Coalition pour la restauration de la démocratie. Il a réalisé des films emblémentiques tels que Weighed But Found Wanting (1974), Manila in the Claws of Light (1975), Insiang (1976), Bona (1980), Bayan ko (1984) et Fight for Us (1989). Ses films étaient essentiellement des mélodrames populaires ou politiques. Après son décès à la suite d’un accident de voiture en 1991, il a reçu, à titre posthume, le prix de l’Ordre des artistes nationaux des Philippines pour son importante contribution au développement des arts philippins.





