Blind Husbands
Garder vivant le cinéma muet, en proposant de redécouvrir les films de l’époque avec l’accompagnement de pianistes de talent, est une composante essentielle de la programmation de la Cinémathèque. Alors que le numérique ne cesse d’initier de nouvelles façons de fabriquer les images, il est plus pertinent que jamais de rappeler combien étaient éloquentes les images de l'époque dite muette de l'histoire du cinéma. Il est fascinant de voir à quel point ces œuvres et ces cinéastes ont permis le cinéma moderne – sans compter qu’il est toujours agréable de retrouver pour quelques heures l'époque des images qui parlent.
Parmi les pionniers de l'histoire du cinéma, Erich von Stroheim est sans doute l'un de ceux qui a le plus misé sur l'invention de son propre mythe. Ce héros d'un autre temps semblant porter sur ses épaules la fin de l'empire austro-hongrois était un inventeur de formes remarquable, créant dès ses tous premiers films muets des joyaux de narration, portés par un art du montage époustouflant. Bien qu'il ait joué souvent dans les films qu'il réalisait, c'est Greed, son grand chef-d'œuvre où il ne joue pas qui fera de lui le premier cinéaste maudit. Aucune version de ce film ne correspond exactement au film qu'il avait tourné et qui fut rapidement charcuté. Avec l'avènement du cinéma parlant, il devint simple acteur (de génie) traversant avec sa légendaire silhouette d'innombrables films.
Accompagnement au piano : Guillaume Martineau
Dans une station de montagne, un couple d'Américains fait la rencontre d'un officier autrichien, séducteur arrogant. Il s'emploie à compromettre l'épouse, mais son jeu se retournera contre lui.

Erich von Stroheim
Erich von Stroheim est un acteur, scénariste, réalisateur et écrivain américain d'origine austro-hongroise. Il fut l'un des réalisateurs les plus ambitieux de l'époque du cinéma muet. Jugés extravagants et souvent mutilés par les producteurs, ses films ont depuis été reconsidérés par la critique. Partageant sa carrière entre les États-Unis et la France, c'est cependant en tant qu'acteur qu'il demeure dans les mémoires, notamment pour ses interprétations d'un officier allemand dans La grande illusion de Jean Renoir ou d'un metteur en scène déchu aux côtés de Gloria Swanson dans Sunset Boulevard de Billy Wilder. Sa performance dans ce dernier lui vaudra d'ailleurs une nomination aux Oscars comme meilleur acteur de soutien en 1951.






