British Sounds
À partir de la fin des années 1960, Godard se fait à la fois acteur et observateur des remous de son temps. Il capte les frémissements pré-1968 comme le déclin des trente glorieuses, la société des grands ensembles et des embouteillages... Au cours de cette période marquée par sa relation avec Anne Wiazemsky, il devient de plus en plus politique tout en conservant un regard critique amusé : ainsi, les militants mao n’apprécient guère La chinoise. À partir de 1968, il se radicalise et cherche à faire du cinéma autrement : il s’essaie au pamphlet, au cinétract, au documentaire antispectaculaire, et revendique l’anonymat en fondant le groupe Dziga Vertov avec son ami maoïste Jean-Pierre Gorin. Sur le terrain, il se mobilise pour Henri Langlois, contre la guerre du Vietnam, pour la cause palestinienne… La seconde partie des années 1970 marque une nouvelle phase, alors que sa rencontre avec Anne-Marie Miéville coïncide avec son passage à la vidéo.
British Sounds est construit comme un montage de divers actes politiques déconnectés, il combine un large éventail de séquences, allant d'étudiants discutant des Beatles à la chaîne de production de l'usine MG dans l'Oxfordshire, le tout agrémenté de slogans politiques à l'écran.
Initialement réalisé pour la London Weekend Television, le film livré est refusé par celle-ci, qui n'en diffuse que des extraits. Il sort toutefois en salle, signé au nom du Groupe Dziga Vertov.

Jean-Luc Godard
Né à Paris en 1930, Jean-Luc Godard grandit au bord du lac Léman, se passionnant en premier lieu pour la peinture. Après la Seconde Guerre mondiale, qu'il passe à l'abri en Suisse, sa famille l’envoie étudier à Paris, mais Godard y fréquente surtout les ciné-clubs et la Cinémathèque française. À l’aube des années 1950, il fréquente le Ciné-club du quartier latin où il fait la rencontre décisive de Maurice Schérer (bientôt Éric Rohmer), François Truffaut, Claude Chabrol et Jacques Rivette entre autres, avec lesquels il fait ses premiers pas en tant que critique et se lance dans l’aventure des Cahiers du cinéma. Après la réalisation de quelques courts métrages, il passe au long dans la foulée de François Truffaut en réalisant en 1960 À bout de souffle, qui contribue au coup d’envoi de la Nouvelle Vague. Il ne cessera de tourner jusqu’aux années 2010, constituant au fil des décennies une œuvre exploratoire qui a toujours repoussé les limites du cinéma.
Photo : ©Bertrand Carrière | Collections de la Cinémathèque québécoise

Jean-Henri Roger
Jean-Henri Roger (1949-2012) est un cinéaste français. Il rencontre Jean-Luc Godard à l'automne 1968 lors d'un cours à l'Institut de formation cinématographique et sympathise avec lui. Ils tournent ensemble British Sounds puis Pravda en 1969. Après la dissolution du groupe Dziga Vertov en 1972, Roger s'engage dans le collectif Cinélutte (1973-1976). Au début des années 1980, il s'associe à l'actrice Juliet Berto pour réaliser Neige et Cap Canaille . Il signe ensuite en solo Lulu et Code 68 dans les années 2000. Il a enseigné au département de cinéma du centre expérimental de Vincennes (devenu l'université Paris VIII) dès 1972.





