Gibraltar
Parmi les pionniers de l'histoire du cinéma, Erich von Stroheim est sans doute l'un de ceux qui a le plus misé sur l'invention de son propre mythe. Ce héros d'un autre temps semblant porter sur ses épaules la fin de l'empire austro-hongrois était un inventeur de formes remarquable, créant dès ses tous premiers films muets des joyaux de narration, portés par un art du montage époustouflant. Bien qu'il ait joué souvent dans les films qu'il réalisait, c'est Greed, son grand chef-d'œuvre où il ne joue pas qui fera de lui le premier cinéaste maudit. Aucune version de ce film ne correspond exactement au film qu'il avait tourné et qui fut rapidement charcuté. Avec l'avènement du cinéma parlant, il devint simple acteur (de génie) traversant avec sa légendaire silhouette d'innombrables films.
En 1938, un officier anglais de la base de Gibraltar se fait passer pour un traître aux yeux de tous, y compris de sa fiancée, afin de déjouer les manœuvres de terroristes qui sabotent les transports de troupes vers la Palestine. Il devient l’amant de Mercédès, une pulpeuse danseuse d’un cabaret mal famé de Tanger qui attire toutes les convoitises. Ayant découvert son jeu, Mercédès qui en réalité espionne pour le compte du mystérieux Marson, se sacrifie par amour pour lui…

Fedor Ozep
Fedor Ozep est un réalisateur et scénariste russe. Il commence sa carrière cinématographique en Russie, comme scénariste aux côtés du réalisateur Iakov Protazanov. Il réalise son premier film en 1925 avec Boris Barnet. En 1928, il quitte l'URSS pour l'Allemagne, y tourne un film, puis en 1933 trouve refuge en France où il signe cinq films. Lorsque la guerre éclate, il est arrêté, parvient à s'échapper et s'installe aux États-Unis où il tourne un unique film. Il réalise ses trois derniers films au Québec et meurt soudainement d'une crise cardique à Beverly Hills en 1949.
Photo : Collections de la Cinémathèque québécoise

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