Jour de fête
Impérissable Jacques Tati : en revisitant ses films, impossible de ne pas se dire qu’il avait tout compris – sur la comédie humaine, la société de consommation, la modernité prise de travers, le parfum du temps qui passe... Oui, Tati est partout : silhouette familière au détour de chaque plan, reflet métaphorique de tous les mésadaptés, observateur de génie dont on retrouve sans cesse les gags dans notre expérience quotidienne du monde. Il est urgent de revoir Tati et d’en rire, surtout sur grand écran, tant chaque scène est chez lui une composition grandiose, qui fourmille de trouvailles et de traits de poésie.
Précédé du court métrage L'école des facteurs
Jour de fête est présenté en noir et blanc
Dans un village de campagne, des facteurs apprennent leur métier : coup de tampon, coup de pédale, chaque geste est perfectionné pour gagner en rythme. Le facteur François rivalise d’inventivité et de zèle pour accomplir le travail tout en s’amusant un peu. Les premiers pas de Tati, en pleine exploration de son univers burlesque.

À l’occasion de la fête du village, François le facteur découvre chez des forains un film sur les méthodes modernes des postiers d’Amérique. Qu'à cela ne tienne, lui aussi peut aller vite!

Jacques Tati
Jacques Tatischeff, dit Jacques Tati, est un réalisateur, acteur et scénariste français. Il commence dans le monde du spectacle comme artiste vivant et joue au cinéma dans les années 1930 avant d’être mobilisé pour la Seconde Guerre mondiale. Il recommence à travailler comme acteur à la fin de la guerre et fonde en 1946, avec Fred Orain, la maison de production Cady-Films qui est à l’origine de ses trois premiers films comme cinéaste. Jour de fête (1949) est bien accueilli par la public et remporte le Grand prix du cinéma français en 1950. Dans Les vacances de monsieur Hulot (1953), il crée son célèbre personnage inspiré par un véritable monsieur Hulot, architecte de l'immeuble où il habitait. Très remarqué par la critique et le public du monde entier, le film recevra plusieurs récompenses dont le Prix Louis-Delluc. Pendant la production de son film suivant, il fonde sa propre maison, Spectra Films, à la suite d’un différend avec Orain. Mon oncle (1958), son premier film en couleur, reçoit le Prix spécial du jury au Festival de Cannes et l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1959. Présent dans ce dernier film, monsieur Hulot fera deux autres apparitions au grand écran : dans Playtime (1967), aujourd’hui considéré comme un véritable chef d’œuvre, et Trafic (1971). En 1977, Tati reçoit un César du cinéma pour l'ensemble de son œuvre.





