L'Atalante + Taris, roi de l'eau
Véritable météore dans l’histoire du cinéma, Jean Vigo a laissé sa marque en seulement quatre films réalisés avant son décès précoce à vingt-neuf ans. Il a su marier critique sociale et cinéma expérimental dans À propos de Nice; relever le défi technique de filmer sous l’eau dans Taris, roi de l’eau; s’attirer les foudres de la censure avec son chef d’œuvre anarchiste Zéro de conduite; et signer un unique et inoubliable long métrage, L’Atalante, dont la poésie a inspiré bien des grands cinéastes. Nous vous proposons l’exercice de redécouvrir en une fin de semaine l’intégralité de cette œuvre fulgurante.
D’une créativité et d’une inventivité technique indéniables pour l’époque, ce court documentaire décortique la nage du champion français de natation Jean Taris qui s'entraîne à la piscine de l'Automobile-Club de France.

La femme d'un jeune marinier, fatiguée de sa vie monotone, se laisse un jour prendre par les tentations de la ville, mais cruellement déçue, revient à son mari. Dernier film de Vigo, L’Atalante effectue la synthèse entre l’approche sociale et la sensibilité concrète aux milieux populaires, deux éléments de l’humanisme du cinéaste.

Jean Vigo
Jean Vigo est un réalisateur français. Il est le fils de l'anarchiste Eugène Vigo (Miguel Almereyda), directeur des journaux La Guerre sociale et Le Bonnet rouge. Après la mort de son père, alors qu'il est âgé de 12 ans, Jean Vigo est pris en charge par son grand-père par alliance, photographe à Montpellier, qui l'initie aux images. Il est connu pour deux films, Zéro de conduite (1933) et L'Atalante (1934). Il a aussi réalisé les films À propos de Nice (1929), avec Boris Kaufman, et Taris, roi de l'eau. Considéré comme « anti-français », Zéro de conduite est censuré à sa sortie. Sa projection n’est autorisée qu’après la guerre, en 1946. Parmi les premiers spectateurs de ses films se trouve François Truffaut, qui dit lui devoir son regard cinématographique. Le film Les carabiniers de Jean-Luc Godard (1963) lui est dédié.





