Le chemin rêvé
L'un des rôles de la programmation à la Cinémathèque québécoise est de rendre compte de l'élaboration d'une œuvre toujours en chantier. Nous proposons cette rétrospective de la cinéaste allemande Angela Schanelec alors que la sélection de son nouveau film dans la compétition officielle de la Berlinale 2026 vient d'être annoncée. Récipiendaire de l'Ours d'argent en 2019, sa filmographie court sur plus de trois décennies. Son style de mise en scène épuré, son sens du découpage démontrent sa capacité à laisser couver le drame, avec délicatesse et sans emphase. La plus grande des virtuosités consiste sans doute à ne rien laisser paraitre de la complexité de son art.
Grèce, 1984. Kenneth, un jeune anglais, et Theres, une allemande, chantent dans la rue pour financer leurs vacances. Ils s’aiment. Pourtant, lorsque Kenneth apprend que sa mère a été victime d’un accident, il part précipitamment à son chevet, abandonnant Theres derrière lui. Il réalisera peu à peu combien la jeune femme compte pour lui, mais ses tentatives de la reconquérir se solderont par un échec. 30 ans plus tard, à Berlin. Ariane, une actrice de 40 ans, se sépare de son compagnon, un brillant anthropologue, suite à une dispute. Celui-ci déménage dans un appartement près de la gare. De sa fenêtre, il aperçoit un sans-abri. Il s’agit de Kenneth, qui ne sait pas que Theres vit maintenant à Berlin.

Angela Schanelec
Angela Schanelec est une réalisatrice, scénariste et actrice allemande. En 2019, elle a remporté l'Ours d'argent de la meilleure réalisatrice à la Berlinale pour son film I Was at Home, But. Elle a également remporté l'Ours d'argent du meilleur scénario pour Music en 2023. Elle fait partie de ce qu'on appelle l'École de Berlin, aux côtés de Christian Petzold et Thomas Arslan. Salué par la critique, son style cinématographique repose sur une utilisation presque exclusive de longs plans fixes avec peu d'action et un contenu émotionnel ambigu, ténuement reliés par un récit. Elle est fréquemment comparée à d'autres cinéastes européens d'avant-garde, tels que Chantal Akerman, Michelangelo Antonioni et Robert Bresson, qu'elle considère comme une influence majeure.






