Le songe de la lumière
Pierre Jutras a travaillé à la Cinémathèque québécoise pendant 33 ans, à titre de conservateur du cinéma québécois et canadien, puis de directeur de la programmation. Il nous a quittés tout récemment et pour lui rendre hommage nous avons auparavant eu la chance de préparer avec lui une carte blanche qui rend compte de ses moments forts de programmateur et de cinéphile (la redécouverte de Jean Epstein, son coup de coeur pour Ivan le Terrible, la révélation de Wang Bing et l'extraordinaire rétrospective consacrée à Manoel de Oliveira...).
« La caméra-chevalet le temps d’une saison. » – Pierre Jutras
Prix du Jury & Prix de la critique internationale, Festival de Cannes 1992
À l'automne 1990, le peintre Antonio López, l’un des représentants de l’hyperréalisme, sort ses pinceaux pour capturer un cognassier planté dans son jardin. Erice suit le processus créatif de l’artiste et montre l’évolution de sa réflexion alors qu’il est fréquemment dérangé par des visiteurs.

Víctor Erice
Víctor Erice est un réalisateur et scénariste espagnol. Il étudie l’École officielle de cinématographie (EOC) de Madrid, où il obtient le diplôme en réalisation. Il travaille d'abord comme scénariste, puis comme réalisateur de films publicitaires. En 1969, il fait ses débuts dans la réalisation cinématographique. Son premier long métrage, L'esprit de la ruche (El espíritu de la colmena, 1973), reçoit la plus haute distinction du Festival international du film de San Sebastián, la Coquille d'or, et lui permet d'accéder à une reconnaissance publique et critique notable, avant d'être lancé sur la scène internationale à la Semaine de la critique, durant le Festival de Cannes 1974. En 1983, il dirige Le sud (El sur), d'après un roman d'Adelaida García Morales, son épouse à l’époque. Cette œuvre explore des thèmes qui lui sont chers : l'enfance, l'individuation dans des sociétés en crise, l'expérience du cinéma, les relations père-enfant et l'exil. Près d'une décennie plus tard (1992), il collabore avec le peintre Antonio Lopez-Garcia pour Le songe de la lumière (El sol del membrillo), présenté au Festival de Cannes où il remporte le Prix du jury et celui de la critique internationale (FIPRESCI). Son quatrième long métrage, Fermer les yeux (Cerrar los ojos), est sélectionné dans la section Cannes Première au Festival de Cannes 2023.

Pierre Jutras
Né en 1945 à Saint-Marcel-de-Richelieu, Pierre Jutras étudie la réalisation à l’Institut des arts de diffusion de Bruxelles dans les années 1970 où il s’initie au documentaire, à la fiction et au cinéma expérimental. La Cinémathèque québécoise l’embauche en 1978 à titre de Responsable du cinéma québécois et canadien. Il y est aussi le codirecteur du périodique Copie Zéro de 1979 à 1988. De plus, on lui doit la première restauration de Kamouraska, de Claude Jutra. Il devient Directeur de la conversation et de la programmation de la Cinémathèque en 1997, poste qu’il occupe jusqu’à son départ à la retraite en 2011. Parallèlement à ses activités professionnelles, il réalise Lamento pour un homme de lettres en 1988 et Petites chroniques cannibales 1 en 1997, premier segment d’une trilogie n’ayant jamais été complétée. Il s’est éteint le 22 juin 2023 à Montréal.
Photo : Denis Bernier | Collections de la Cinémathèque québécoise






