L'homme qui rit
Garder vivant le cinéma muet, en proposant de redécouvrir les films de l’époque avec l’accompagnement de pianistes de talent, est une composante essentielle de la programmation de la Cinémathèque. Alors que le numérique ne cesse d’initier de nouvelles façons de fabriquer les images, il est plus pertinent que jamais de rappeler combien étaient éloquentes les images de l'époque dite muette de l'histoire du cinéma. Il est fascinant de voir à quel point ces œuvres et ces cinéastes ont permis le cinéma moderne – sans compter qu’il est toujours agréable de retrouver pour quelques heures l'époque des images qui parlent.
Accompagné au piano par Gabriel Thibaudeau
Ce film est conservé dans nos collections
L'histoire d’un enfant que des trafiquants ont défiguré pour lui créer un éternel rictus et qui se retrouve ainsi condamné à devenir une attraction de foire.

Paul Leni
Paul Leni est un cinéaste allemand et l’une des figures importantes de l’expressionisme allemand. Il a réalisé des films comme Escalier de service (1921) et Le cabinet des figures de cire (1924) en Allemagne, puis La volonté du mort (1927), Le perroquet chinois (1927), L’homme qui rit (1928) et Le dernier avertissement (1928) aux États-Unis. Il devient peintre et participe aux mouvements d’avant-garde à l’âge de 15 ans, puis étudie à l’Académie des arts de Berlin. Il travaille ensuite comme décorateur pour le théâtre dans plusieurs établissements de Berlin. En 1913, il commence à travailler dans l’industrie du cinéma allemand en créant des décors et/ou des costumes pour des réalisateurs tels que Joe May, Ernst Lubitsch, Richard Oswald et E. A. Dupont. Pendant la Première Guerre mondiale, Leni commence aussi à réaliser des films avec Das Tagebuch des Dr. Hart en 1917. En 1927, il accepte l’invitation de Carl Laemmle de devenir réalisateur pour Universal et déménage à Hollywood. Il s’y distingue avec son premier film, La volonté du mort (1927), une adaptation d’une pièce de John Willard. Le film exercera une grande influence les futurs films d’horreur classiques de Universal, et sera refait à plusieurs reprise, notamment en 1939 avec Bob Hope. L’année suivante, il réalise un film à grand budget, L’homme qui rit, adapté d’un roman de Victor Hugo, l’un des films les plus stylisés de la période muette.






