Madame du Barry
Garder vivant le cinéma muet, en proposant de redécouvrir les films de l’époque avec l’accompagnement de pianistes de talent, est une composante essentielle de la programmation de la Cinémathèque. Alors que le numérique ne cesse d’initier de nouvelles façons de fabriquer les images, il est plus pertinent que jamais de rappeler combien étaient éloquentes les images de l'époque dite muette de l'histoire du cinéma. Il est fascinant de voir à quel point ces œuvres et ces cinéastes ont permis le cinéma moderne – sans compter qu’il est toujours agréable de retrouver pour quelques heures l'époque des images qui parlent.
Projection spéciale dans le cadre du 60e de la Cinémathèque québécoise
Accompagnement au piano et clavecin par Gabriel Thibaudeau et Ilya Poletaev
Peu avant la Révolution française, l'irrésistible ascension d'une modiste, Jeanne Bécu, qui, jouant de ses charmes, devient Madame du Barry et maîtresse de Louis XV.

Ernst Lubitsch
Ernst Lubitsch est un réalisateur américain d'origine allemande, émigré aux États-Unis, qui a aussi été acteur au début de sa carrière. Réalisateur prolifique, il a tourné plus d'une cinquantaine de films en trente ans. Il a marqué l'histoire du cinéma par ses comédies, notamment avec Sérénade à trois (Design for Living, 1933), Ninotchka (1939), Rendez-vous (The Shop Around the Corner, 1940), Jeu dangereux (To Be or Not to Be, 1942) et Le ciel peut attendre (Heaven Can Wait, 1943). Lubitsch cultive l'ellipse, l'attente et la surprise, allant ainsi contre l’expressionnisme du cinéma allemand et du cinéma muet. Ce qu'on appellera la Lubitsch Touch se caractérise aussi par une retenue élégante des sentiments dans un cinéma où rien n'explose. C'est un art de vivre, une manière de vivre les échanges, les relations entre les personnages, mais aussi entre le film et les spectateurs. C'est également une expression de l'humour juif, une façon de résister avec élégance aux agressions de la bêtise humaine.






