Tout va bien
Nous inaugurons ici un cycle récurrent voué à mettre en lumière, le temps d’un mois, un acteur ou une actrice. Jane Fonda combine l’aura d’une star et la familiarité rassurante d’une présence qui nous accompagne depuis des décennies – sur les écrans de cinéma comme à la ville, puisqu’elle continue jusqu’à ce jour d’être une figure militante de premier plan. Née dans une famille d’acteurs, elle ne s’est pas pour autant contentée de ses atouts, démontrant un talent de jeu parfaitement autonome, traversant les époques avec aisance, et menant une carrière originale et éclectique, comme en témoigne la sélection de films de ce cycle.
Tout va bien raconte l'histoire d'une grève sauvage dans une usine de saucisses, vue à travers le regard d'une journaliste américaine et son mari, réalisateur déchu de la Nouvelle Vague. Chef-d'œuvre du cinéma radical, Tout va bien est une critique caustique de la société, du mariage et de la révolution dans la France d'après-1968.

Jean-Luc Godard
Né à Paris en 1930, Jean-Luc Godard grandit au bord du lac Léman, se passionnant en premier lieu pour la peinture. Après la Seconde Guerre mondiale, qu'il passe à l'abri en Suisse, sa famille l’envoie étudier à Paris, mais Godard y fréquente surtout les ciné-clubs et la Cinémathèque française. À l’aube des années 1950, il fréquente le Ciné-club du quartier latin où il fait la rencontre décisive de Maurice Schérer (bientôt Éric Rohmer), François Truffaut, Claude Chabrol et Jacques Rivette entre autres, avec lesquels il fait ses premiers pas en tant que critique et se lance dans l’aventure des Cahiers du cinéma. Après la réalisation de quelques courts métrages, il passe au long dans la foulée de François Truffaut en réalisant en 1960 À bout de souffle, qui contribue au coup d’envoi de la Nouvelle Vague. Il ne cessera de tourner jusqu’aux années 2010, constituant au fil des décennies une œuvre exploratoire qui a toujours repoussé les limites du cinéma.
Photo : ©Bertrand Carrière | Collections de la Cinémathèque québécoise

Jean-Pierre Gorin
Jean-Pierre Gorin est un réalisateur de cinéma français, connu pour son travail avec Jean-Luc Godard, pendant ce qui est souvent considéré comme sa période « radicale », au sein du Groupe Dziga Vertov. Ensemble, ils ont réalisé une série de films ouvertement politiques qui inclut Le vent d'est (1970), Tout va bien (1972), and Lettre à Jane (1972). Gorin quitte la France au milieu des années 1970 et accepte un poste d'enseignant à l'Université de Californie. Il reste ensuite à la faculté des arts visuels, où il enseigne l'histoire du cinéma et la critique filmique. Il continue parallèlement de faire des films, notamment une tétralogie d'essai cinématographique sur la Californie du Sud, incluant les films Poto and Cabengo (1978), Routine Pleasures (1986), My Crasy Life (1991), and Letter to Peter (1992).





