Et alors ?
Jocelyne Saab avait déjà couvert la guerre d'Octobre et la guerre au Kurdistan quand elle décide de rentrer au Liban documenter l'escalade de violence qui a conduit à une guerre civile qui a duré quinze ans. De 1974 à 1982, Jocelyne Saab filme les murs en ruines de la Beyrouth de son enfance et la lutte des civils pour leur dignité. Elle construit peu à peu un langage cinématographique où le politique tire sa force dans la poésie du geste, pour dépasser l'horreur de la mort et l'absurdité d'un conflit fratricide. Après une douzaine de films sur le sujet, elle accompagne en 1982 le départ des Palestiniens du Liban après le siège de Beyrouth-Ouest. Elle tourne elle aussi le regard vers d'autres horizons : après cette grande défaite, elle n'a plus vu Beyrouth que par le prisme de la fiction.
Un écrivain, regrettant de ne pas honorer la promesse faite à son père couturier d'embrasser le même métier que lui, dessine, taille, coupe, coud, épingle le "corps" du texte. Son imagination s'appuie sur des personnages réels… (Africine.org)

Jocelyne Saab
Jocelyne Saab est une réalisatrice, photographe et plasticienne franco-libanaise. Elle fut l’une des cinéastes les plus importantes du nouveau cinéma libanais. En tant que journaliste indépendante pour des chaînes de télévision européennes, nord-américaines et japonaises, elle réalise de nombreux films documentaires sur la guerre du Liban, la guerre d’Irak, le Kurdistan, l'Iran, la Syrie, le Golan, le Sahara occidental, les conséquences du conflit Israëlo-palestiniens et l’Asie, notamment au Vietnam. En moins de trente ans, Jocelyne Saab réalise un total de trente documentaires et quelques films de fiction, participant à la création d'un style cinématographique libano-arabe. L'une de ses œuvres, Dunia, fait scandale lors de sa présentation au Festival du Caire en 2005 et est censurée à sa sortie dans les salles égyptiennes. Parallèlement à son travail de cinéaste, Jocelyne Saab fait un grand travail photographique. En 2008, elle publie son livre Zones de guerres qui rassemble ses photographiques et témoigne de cinq décennies de conflits dans le tiers-monde et au Moyen-Orient. Elle expose une autre série de cent photographies nommées Sense, Icons and Sensitivity dans plusieurs pays. Elle réalise une dernière série photographique et deux vidéos d’art, One Dollar a Day et Imaginary Postcard, en 2016.

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Jocelyne Saab, pour une cartographie engagée du Liban
Jocelyne Saab est entrée à la télévision française en qualité de journaliste en 1973. Arabophone, libanaise, elle est rapidement envoyée sur le terrain, en Libye, dans le Golan syrien, en Irak ; sa connaissance de la région était déjà nourrie de longue date par son intérêt pour la question palestinienne, qui s’est imposée comme un dilemme dans le pays du Cèdre.








