Chez nous, c'est chez nous
Ce court cycle revient sur un moment particulier de l’histoire québécoise en réunissant trois films qui sont presque les seuls à l’avoir abordé : la fermeture forcée de villages gaspésiens au début des années 1970, dans le cadre du plan de développement du territoire du Bureau d’aménagement de l’Est du Québec (BAEQ), et à laquelle s’opposeront les « Opérations dignité ». Côté documentaire, le retour au présent sur ces lieux fantomatiques dans Terres fantômes de Félix Lamarche dialogue avec le témoignage pris sur le vif par Marcel Carrière dans Chez nous, c’est chez nous. Côté fiction, Les smattes de Jean-Claude Labrecque s’ancre dans ce traumatisme pour raconter une histoire d’exil, géographique et mental.
Précédé du court métrage Terres fantômes
En présence de Félix Lamarche
Dans l'arrière-pays gaspésien des années 1970, une nouvelle politique d'aménagement du territoire mène à la fermeture d'une dizaine de villages et force l'exode de milliers de personnes vers les villes de la côte. Parmi les habitants de ces régions, c'est le choc et la consternation. Aujourd'hui largement oublié, cet épisode a pourtant laissé une marque profonde, des cicatrices autant dans les mémoires que sur le paysage. Quelles traces reste-t-il de cet évènement pour dire la force du lien qui unissait une population à son territoire?

Se rendant dans la région où se déroula l'expérience ARDA-BAEQ, le cinéaste se fait le témoin de l'application de l'une des mesures qui découlent de ce plan de réaménagement socio-économique au Québec : la démolition de 11 villages dans le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, vécue à Saint-Octave-de-l'Avenir.

Marcel Carrière
Marcel Carrière est un réalisateur, scénariste, monteur, ingénieur du son et directeur de la photographie québécois. Il débute dans l'industrie du cinéma en 1956 comme preneur de son à l'Office national du film du Canada (ONF) et participe à plus d'une centaine de leurs productions. À la fin des années 1970, l'ONF le nomme directeur du Comité du programme français. Il participe aussi à la création de l'Institut national de l'image et du son (INIS) et de la Phonothèque québécoise. Il est considéré comme l’un des précurseurs des techniques de captations sonores synchrones dans le cinéma documentaire. Lors du tournage de Pour la suite du monde (1963), il multiplie les innovations tant au niveau des pratiques de captations (comme le microphone attaché aux vêtements) que des outils utilisés (magnétophone Nagra III). Son apport au tournage est tel qu'au générique, son nom apparait aux côtés de Pierre Perrault et Michel Brault.





