La ville sans Juifs
Garder vivant le cinéma muet, en proposant de redécouvrir les films de l’époque avec l’accompagnement de pianistes de talent, est une composante essentielle de la programmation de la Cinémathèque. Alors que le numérique ne cesse d’initier de nouvelles façons de fabriquer les images, il est plus pertinent que jamais de rappeler combien étaient éloquentes les images de l'époque dite muette de l'histoire du cinéma. Il est fascinant de voir à quel point ces œuvres et ces cinéastes ont permis le cinéma moderne – sans compter qu’il est toujours agréable de retrouver pour quelques heures l'époque des images qui parlent.
Accompagné au piano par le pianiste autrichien Gerhard Gruber
Dans une ville fictive appelée Utopia, l’inflation et le chômage sévissent, menant la population à manifester dans les rues. Des députés antisémites en profitent pour jeter le blâme sur les Juifs et faire d’eux les boucs émissaires, allant même jusqu’à proposer leur expulsion. À la suite de la découverte en 2015 de séquences qu’on croyait perdues, le Film Archiv Austria a pu reconstituer dans son intégralité ce film historiquement important.

Hans Karl Breslauer
Hans Karl Breslauer a été l’un des premiers cinéastes, acteurs et scénaristes autrichiens, surtout connu pour avoir réalisé La ville sans Juifs (Die Stadt ohne Juden, 2024), adapté du roman de Hugo Bettauer. Aujourd'hui, le livre et le film semblent être une prémonition de ce qui allait se passer en Europe à partir de 1933, mais avaient d’abord été conçus comme des comédies destinées à plaire au public de l'époque. On croyait le film perdu, ou du moins partiellement perdu, jusqu'en 2015, mais il a depuis été restauré.






